Le Viol du silence PDF

Le Silence de la mer et autres récits est aussi le titre d’un recueil de Vercors qui comporte six nouvelles. En 1941, au début de l’Occupation, un officier allemand, épris de culture française, réquisitionne la maison d’une famille comprenant un homme âgé et sa le Viol du silence PDF. Le récit est inspiré de faits réels, bien que recousus pour en faire un tout plus prenant.


Ainsi que Vercors le raconte dans La bataille du silence, le cadre est la maison de campagne de la famille Bruller à Villiers-sur-Morin, qu’ils ont regagné au terme de l’exode de l’été 1940. La nièce, qui reste obstinément silencieuse et raide devant l’officier allemand, est une émanation de la propre expérience de Bruller, lorsqu’il rencontra plusieurs fois dans le village l’officier qui avait logé chez lui. Bruller refusa de répondre à son salut, gardant  la nuque raide . Le personnage secondaire de la fiancée de l’officier allemand a des liens réels avec Nana, la nourrice allemande que la famille Bruller a embauchée jusqu’au jour où elle arrachait l’une après l’autre les pattes d’un moustique. Rédigé au cours de l’été 1941, le texte est à l’origine prévu pour la revue La Pensée Libre mais celle-ci est saisie par la Gestapo.

Le livre est achevé d’imprimer le 20 février 1942. C’est le premier ouvrage publié par les Éditions de Minuit. Le livre parvient à Londres et le général De Gaulle en ordonne une réédition sur le champ aux fins de large diffusion. C’est une de celles-ci qui passera dans les mains du cinéaste Jean-Pierre Melville qui l’adaptera quelques années plus tard pour le cinéma. Le livre est notamment publié à Londres, en version intégrale ainsi qu’en feuilleton dans le journal des Français en exil, La Marseillaise. New York sous le titre Les Silences, le traducteur  ne pouvant consulter l’original ni l’auteur .

La vaste diffusion clandestine-officielle du livre lui assure un succès immédiat. Un livre est rarement l’objet d’un culte tel que l’a été le Silence de la mer, pour des raisons plus patriotiques et conjoncturelles que littéraires. Cependant, nombre de lecteurs remarquèrent un décalage entre le récit et les réalités de la situation française : pour ceux qui ne supportaient pas le joug allemand, le temps du silence était passé, l’heure de la lutte avait sonné. C’est ainsi qu’Arthur Koestler, dans la Tribune de Londres en novembre 1943, désapprouve le personnage de l’officier allemand, car comment un homme aurait-il pu s’aveugler aussi longtemps sur les intentions de son pays ?

Mais si le personnage est véritable, pourquoi opposer un silence farouche à un antinazi ? Les Français résistants à Londres, eux, croyaient qu’il avait été écrit par André Gide. Vercors, La Bataille du silence, souvenirs de minuit. Paris, Presses de la cité, 1967. Vercors, D’un hasard nécessaire, in Imprimeries clandestines, Le Point, vol. Rechercher les pages comportant ce texte.