Les 101 mots du Grand Paris à l’usage de tous PDF

Josée Kamoun justifiant :  S’il avait voulu écrire  novlangue , il aurait écrit  newlanguage . Or ça n’est pas une langue, c’est une anti-langue. Le principe est simple : plus on diminue le nombre de mots d’une langue, plus on diminue le nombre de concepts avec lesquels les gens peuvent réfléchir, plus on réduit les finesses du langage, moins les gens sont capables de réfléchir, et plus ils raisonnent les 101 mots du Grand Paris à l’usage de tous PDF l’affect. Hors du contexte du roman, le mot novlangue est passé dans l’usage, pour désigner péjorativement un langage ou un vocabulaire destiné à déformer une réalité, ou certaines formes de jargon.


«Se représenter la figure multiforme de ce continent urbain», tel est l’objectif de Bertrand Lemoine dans ces pages. Directeur général de l’Atelier international du Grand Paris pendant près de quatre ans, il a côtoyé des personnalités éminentes – élus, acteurs économiques et institutionnels, maîtres d’œuvre, militants. L’auteur, fort de son expérience, dresse ici une encyclopédie de poche, passant d’«agriculture» à «beauté» et de «ports» à «tourisme» et permettant au citoyen ou à l’acteur engagé d’appréhender plus facilement la complexité et les enjeux du territoire «grandparisien».

2050 et déjà en partie réalisé. Le lexique de la novlangue est très réduit. La réduction du lexique à un minimum est un but en soi. Le vocabulaire est réorganisé en trois classes A, B et C.

Très peu de mots sont communs aux trois classes. Le vocabulaire A ne contient que les termes nécessaires au travail et à la vie quotidienne : manger, boire, travailler, etc. Il est formé sur des mots anciens. L’univocité des termes empêche désormais tout usage littéraire, politique ou philosophique. Le vocabulaire B contient les mots composés construits à des fins politiques.

Il est formé par des nom-verbes et contient une foule de néologismes. Il est entièrement composé par des termes scientifiques et techniques. Les principes grammaticaux sont communs à toutes les classes lexicales. Ce type de raisonnement binaire permet de favoriser les raisonnements à l’affect, et ainsi d’éliminer tout débat, toute discussion, et donc toute potentielle critique de l’État.

Un rythme élevé de syllabes est aussi visé, avec l’espoir que la vitesse des mots empêche la réflexion. De plus, si la langue possède le mot  bon , il est inutile qu’elle ait aussi le mot  mauvais , car cela suppose l’existence de nuances entre ces deux termes. En langue anglaise, cela donne :  good ,  ungood  et  plusgood  et même  doubleplusgood . Un verbe doit toujours dériver du nom correspondant quand il existe. Les caractéristiques du novlangue existent dans des langues agglutinantes comme le japonais, le turc ou dans une langue construite comme l’espéranto.