Les Chiffres d’une planète de fous… ou de l’urgence d’un développement durable PDF

Sans le savoir, nous avons changé d’ère géologique. Nous avons quitté les dix les Chiffres d’une planète de fous… ou de l’urgence d’un développement durable PDF années de l’ère holocène qui, du fait de sa température chaude et stable, a vu naître l’agriculture et l’industrie, après la dernière grande glaciation du pléistocène.


Ce petit recueil illustré s’adresse à ceux que la marche du monde intéresse (et qui souhaitent en être partie prenante) ! Mais pour progresser et se mobiliser, il faut d’abord mesurer : c’est le point de départ de toute démarche qualité. Mesurer, donner des chiffres tout en s’amusant avec des dessins et des croquis, tel est donc l’objet de ce livre. Pour réorienter la politique, l’organisation de nos sociétés et l’économie dans le sens d’un développement durable possible, nous avons besoin d’un tableau de bord qui ne se limite plus au sempiternel Produit Intérieur Brut. Chacun en convient aujourd’hui. Cet ouvrage propose un échantillon – certes arbitraire et incomplet, mais que chacun pourra agrémenter – d’indicateurs variés, tant globaux que locaux, dont beaucoup sont au rouge, trop peu au vert. L’ayant lu, personne n’aura plus le droit de prétendre qu’il ne savait pas ; au contraire, chacun d’entre nous – maîtres du monde autant que nos enfants – sera immanquablement incité à agir. Enfin !

Quand sommes-nous entrés dans cette nouvelle ère ? Claude Lorius : Nous sommes dans l’anthropocène, c’est-à-dire une ère au cours de laquelle l’homme prend le contrôle de l’environnement de la planète, en 1784, date à laquelle James Watt a breveté la machine à vapeur. Le terme a été créé par le prix Nobel de chimie Paul Crutzen en 2000. En quoi l’homme a-t-il modifié les caractéristiques géologiques de la planète ?

Ensuite, il bouscule l’hydrosphère : les eaux de la planète deviennent plus acides en raison du gaz carbonique et voient leur niveau augmenter du fait de la fonte des glaciers. De quelle manière avez-vous prouvé l’impact des gaz à effet de serre sur l’augmentation des températures terrestres ? Claude Lorius : Avec mon équipe de scientifiques, nous avons mis en évidence, en 1987 dans la revue Nature, la corrélation entre gaz à effet de serre et températures, grâce à des carottages de glace réalisés en Antarctique, à la station Vostok. Tout d’abord, sa constitution nous a permis de reconstituer les variations climatiques sur 400 000 ans.

En mesurant la concentration en deutérium de la glace, on peut savoir quel était le climat à une période donnée car la proportion de cet isotope de l’hydrogène diminue avec l’augmentation de la température du site. Et plus on fore profondément dans la glace, plus on remonte dans le temps. Une autre corrélation nous a alarmés : la courbe du niveau des océans déduite de l’étude des sédiments marins suit, elle aussi, un tracé parallèle aux températures. Comment affirmer que ce réchauffement climatique est d’origine humaine et non la résultante d’une ère climatique plus chaude, notamment due aux variations du rayonnement solaire, comme l’affirment certains scientifiques climatosceptiques ? Claude Lorius : Le CO2 est le meilleur marqueur de l’activité humaine : vous brûlez une forêt, vous faites tourner une usine, vous conduisez une voiture, c’est du dioxyde de carbone. Les données du Giec confirment d’ailleurs que le réchauffement climatique observé actuellement est extrêmement proche des modélisations qui prennent en compte les phénomènes naturels mais surtout l’augmentation des concentrations en gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

La situation est-elle irréversible comme l’affirment, dans une étude récente publiée par Nature, des chercheurs canadiens ? Claude Lorius : Il est vrai que si l’humanité décidait d’arrêter totalement, dès aujourd’hui, ses émissions, la concentration de CO2 dans l’atmosphère ne se réduirait qu’à un rythme très lent. Il faudra des siècles pour enrayer le réchauffement climatique. Mais la situation sera pire si l’on ne fait rien. Cette entrée a été publiée dans Climat, Pollution. Cela correspond simplement à la poursuite de activités actuelles sans rien changer.

Il me semble que c’est une des premières fois qu’un scientifique de haut niveau, spécialiste du climat, affiche aussi clairement sont pessimisme sur l’avenir de l’humanité. D’autres le font mais rarement de façon publique. Bravo à Audrey pour avoir dégoté cette première ! James Hansen dit que le seuil de stabilisation du climat terrestre est 350 ppm de concentration de CO2 , or nous en sommes actuellement à 390 ppm. Alors le sursaut de conscience écologique qu’évoque M.

13: Vous avez raison, mais la question que je me posais était plutôt de savoir s’il était possible d’atteindre ces 1000 ppm avec les réserves de fossiles existantes. La nature a peut-être bien joué son coup, en ne produisant pas suffisamment de matières fossiles pour dérégler considérablement les équilibres. Bref, il me semblerait plus exact de considérer que cet  anthropocène , c’est en fait l’holocène. Et que cette dernière période, que l’on fait commencer de manière conventionnelle au moment où James Watt fait breveter sa machine à vapeur, et dont la caractéristique principale est cette explosion de la consommation d’énergie sous forme d’hydrocarbures fossiles, soit nommée à partir de cette caractéristique fondamentale : la consommation d’hydrocarbures. Qui plus est, elle est aussi le pendant de la période géologique pendant laquelle s’est créée une partie importante de ces réserves d’hydrocarbures dans le sous-sol, qu’on appelle le  carbonifère . Bref, la période récente serait plutôt un  carbonicène .

Mais c’est vrai que ça fait moins marketing que  anthropocène . Nouvelle situation qui semble aussi amener vers un nouveau  régime de gouvernement , dont les tenants et les aboutissants commencent à peine à être analysés, alors qu’il est de nature à bouleverser les fonctionnements politiques. On perçoit certaines tendances dans le livre de Y. Rumpala, Développement durable ou le gouvernement du changement total. Annonçant la catastrophe avant Claude Lorius, il y en a eu d’autres !

Nico : Votre remarque est vraie si vous ne considérez que le CO2. C par la libération du carbone fossile, risque de provoquer la libération massive du CH4 des pergélisols : et là, on risque bel et bien un emballement du réchauffement. C ne sont hélas pas impossibles. Mais le pire n’est jamais sûr. Si les gens veulent bien arrêter de faire l’autruche, on a encore largement le temps de remettre notre système d’aplomb. Attention c’est le N2O et pas le NO2 qui est en jeu ! L’analyse des glaces de Vostock montre que toute élévation de température précède d’environ 800 ans l’augmentation du taux de CO2 troposphérique.