Les grandes démocraties. Constitutions des États-Unis, de l’Allemagne, de l’Espagne et de l’Italie (À savoir) PDF

Article les grandes démocraties. Constitutions des États-Unis, de l’Allemagne, de l’Espagne et de l’Italie (À savoir) PDF : justice sur le Wiktionnaire. L’étymologie du mot  justice  est conforme à son histoire.


Après avoir publié, dans la même collection, le texte de la Constitution de la République française, il a paru nécessaire de poursuivre cette expérience en publiant le texte intégral de quelques constitutions étrangères qui ont comme point commun de représenter des  » grandes démocraties « . Il s’agit, d’une part, de la constitution des États-Unis d’Amérique et, d’autre part, des constitutions allemande, espagnole et italienne. L’objectif poursuivi consiste à donner à voir, dans un format pratique, ce que sont ces deux grands modèles d’organisation constitutionnelle, l’américain et l’européen, à l’heure où l’idée de constitution comme principal vecteur de l’organisation sociale resurgit avec force. Ferdinand Mélin-Soucramanien est professeur de droit public à l’Université Montesquieu-Bordeaux IV et directeur du centre d’études et de recherches comparatives sur les constitutions, les libertés et l’État (CERCCLE).

Le droit romain, créateur de la première justice-institutionnelle de l’histoire est aussi à l’origine linguistique du mot. Néanmoins, d’autres pistes étymologiques sont avancées. Si un client trompe son patron, qu’il soit maudit. Fondamentalement, la justice est polymorphe, dépendant des époques et des civilisations. Pour la philosophie occidentale antique, la justice est avant tout une valeur morale. La  justice morale  serait un comportement alliant respect et équité à l’égard d’autrui. La notion de justice désigne à la fois la conformité de la rétribution avec le mérite et le respect de ce qui est conforme au droit d’autrui : elle est donc indissociablement morale et juridique.

L’histoire de la notion de justice est liée à l’histoire des peuples et des civilisations. Ses diverses conceptions et applications sont le résultat de la pensée et des conditions de vie de l’époque. Son étude exige donc une approche mêlant philosophie, théologie, économie, morale et Droit politique. L’institution en elle-même, responsable de son application et de son maintien dans le corps social. Il s’agit d’un antonyme parfait car ce sont avant tout des concepts philosophiques marquant des catégories précises de la pensée. Héraclite, premier philosophe connu pour son étude du sens de la justice.

Toile de Hendrick ter Brugghen exécutée en 1628. La justice est assise sur des bases philosophiques dont le développement témoigne de l’évolution de la pensée et des systèmes. Selon lui l’idéal de justice en soi se comprend par le refus d’un état d’injustice, assimilé au chaos social. La Justice devient une réalité pratique et non plus philosophique dans la Rome antique par l’apparition d’une norme application : le droit. La justice obéit désormais à des règles.

On distingue alors deux justices, fonctionnant selon deux normes différentes mais complémentaires : la justice privée et la justice publique. La justice publique est rendue par l’État. Son domaine par excellence est le droit pénal. Quand un crime a eu lieu, l’État considère qu’il ne peut laisser seul les individus régler le problème, il intervient. La justice publique est donc une  affaire publique  et donc un droit extérieur aux individus : le droit public.

La justice, une institution : institution judiciaire en Belgique. Il n’y a pas de lien nécessaire entre l’idéal de justice et l’institution judiciaire. L’histoire de la justice s’intéresse à l’institutionnalisation du droit inspirée par les conceptions philosophiques de l’époque. Mais la justice n’est pas uniforme et il existe actuellement plusieurs systèmes juridiques qui correspondent à diverses organisations de la justice. Le concept de justice est étudié en Europe dès l’Antiquité. Des classifications diverses ont été proposées, selon l’origine, le but ou les moyens de mise en œuvre de la justice. La justice sert-elle à protéger les individus ?

Faut-il punir ou soigner le criminel ? Autant de question que les philosophes ont tenté de résoudre. Mais il n’existe aucune classification qui fasse le consensus car le concept même de justice dépend de la société qui l’applique. Le premier arrêt de tribunal connu dans l’histoire de l’humanité remonte à l’époque sumérienne. La vie économique et sociale sumérienne en étaient donc fortement imprégnée. Ensuite, pendant l’Antiquité, la justice est distinguée entre deux concepts différents : le Droit et la Morale. La justice est une vertu et non une règle.

Le juste est ce que nous devons établir dans nos relations avec les autres. Le juste établit l’égalité et l’équité entre les membres de la Cité. Pour Platon, il existe une analogie, un lien essentiel entre la justice dans l’âme et la justice dans la Cité. Faire régner l’harmonie entre les différentes parties de l’âme humaine permet de faire régner l’harmonie dans la Cité. Au Moyen Âge, l’étude de la justice se systématise et différents types sont définis. Les différences faites entre les types de justice sont encore largement de rigueur dans la pensée actuelle. Dite aussi légale, qui consiste dans l’observance du bien commun.

Les philosophes modernes comme John Rawls y voient l’ancien terme désignant la justice sociale, celle que la loi permet. Ce faisant, Aristote décrit le droit naturel, celui émanant des dieux pour le monde grec, et le monde des hommes, promu par la loi. Elle a pour but de rétablir l’égalité lorsque celle-ci est rompue au moment d’un échange, lorsqu’un cocontractant a exécuté son obligation et l’autre pas encore, ou d’un dommage. Contrairement à la justice commutative qui ordonne l’égalité des parts échangées, elle commande l’égalité des proportions à raison des mérites. Bien plus tard John Rawls utilise l’expression en lui donnant un sens différent.