Les rues d’hier PDF

De tous les airs joués pendant les fêtes, il en est un que l’on entend en d’autres occasions, lorsque l’un de nos athlètes nationaux monte sur la plus les rues d’hier PDF marche d’un podium, aux manifestations patriotiques, ou lors d’une réception à l’étranger d’un de nos dirigeants. C’est un air assez méconnu des étrangers et dont peu de Belges connaissent encore les paroles que l’on apprend rarement encore dans les écoles.


Moritz Wertheim dirige une entreprise prospère de textile qu’il lèguera bientôt à ses fils, et notamment à Eduard, le plus jeune de la fratrie, tout juste rentré des États-Unis. C’est avec sérénité que les Wertheim entament ce XXe siècle plein de promesses aux côtés de leurs concitoyens. Ils forment une famille juive parfaitement assimilée qui participe à la vie économique allemande, qui célèbre Noël, qui est prête à tout pour défendre l’Empire à l’image d’Eduard qui s’engage dans l’armée au moment où la Grande Guerre est déclarée.

Mais avec la défaite qui s’ensuit et la crise qui gagne tout le pays, la tension est à présent palpable dans les rues de Francfort. Les premières lois antijuives sont votées, la montée de l’antisémitisme pousse certains membres de la famille Wertheim à partir. Eduard se rend en Suisse, son frère Jacob aux Pays-Bas, leurs neveux et nièces aux États-Unis ou encore en Palestine. Puis c’est la Seconde Guerre mondiale qui éclate et qui conduit plusieurs membres de la famille vers la mort, laissant les survivants terrassés par la découverte de ce que leur pays avait fait aux leurs.

En multipliant les regards et les sensibilités de ces fabuleux personnages qui peuplent sa saga familiale, Silvia Tennenbaum dépeint avec justesse la complexité de l’histoire de la bourgeoisie juive allemande. Son rapport particulier à la religion, au patriotisme, mais également son rôle dans les grandes idéologies de l’époque : le nationalisme, le communisme et le sionisme. L’auteur nous entraîne tout au long de ces vies qui composent une émouvante fresque de la première moitié du XXe siècle.

Il est vrai qu’à notre époque, on entend plus fréquemment le Vlaamse Leeuw Leeuw ou le Tchant des Wallons. Alors, au risque de passer, avec fierté, pour un nationaliste, aujourd’hui où l’on parle beaucoup de fédéralisme, je vais vous rappeler, en bref, l’histoire de celle que tout Belge digne de ce nom salue. Je vous invite à retourner à l’époque où le Lion et le Coq chantaient de concert l’air devenu célèbre de « L’Amour sacré de la Patrie ». Cette oeuvre qui transporte à la scène la révolte du peuple de Naples contre la domination espagnole au 17e siècle avait été exécutée avec succès à Paris deux ans auparavant. Mieux vaut mourir que rester misérable!

Pour un esclave est-il quelque danger? Tombe le joug qui nous accable. Et sous nos coups périsse l’étranger! A des maux trop longtemps soufferts.