Lettres du symptôme : Versions de l’identification PDF

Jeanne de Vergy, qui tenait le suaire de ses ancêtres, y organise des expositions du suaire. Les ostensions de l’objet aux fidèles sont interdites à deux reprises par les évêques de Troyes, qui affirment avoir découvert le faussaire responsable de la supercherie. Il est conservé depuis 1578 dans la chapelle de Guarini de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Turin. L’essor de la photographie amène en lettres du symptôme : Versions de l’identification PDF Secondo Pia à publier une image du linceul dont le négatif offre toutes les qualités d’un  positif , suscitant dès lors d’âpres débats sur l’authenticité du linceul et sa datation : le suaire de Turin devient l’ artéfact le plus étudié de l’histoire  pendant près d’un siècle.


Poursuivant sa lecture précise et rigoureuse de l’oeuvre lacanienne, Erik Porge a souhaité prendre le «temps de comprendre» ce qui a amené Lacan à un nouvel abord du symptôme. Lacan parle alors d’une «identification au symptôme en fin d’analyse». L’expression est hautement énigmatique. Elle associe deux termes qui n’ont pas l’habitude de l’être, «identification» et «symptôme», et selon un mouvement apparemment contraire à celui que l’on attendrait, à savoir une réduction des symptômes en fin d’analyse. Comment Lacan en est-il arrivé là ? Que signifie cette expression pour les psychanalystes ?

Erik Porge est psychanalyste à Paris. Ancien membre de I’EFP jusqu’à sa dissolution, il est actuellement membre de «La lettre lacanienne, une école de la psychanalyse». Cofondateur de la revue Littoral, il dirige la revue Essaim.

1981, conclut à l’impossibilité d’exclure que le suaire soit celui décrit dans les évangiles. Dès leur publication, ces résultats sont acceptés par le pape Jean-Paul II. Le Linceul de Turin photographié par Giuseppe Enrie en 1931. La confusion entre  suaire  et  linceul , probablement issue d’une mauvaise interprétation du terme soudarion de l’Évangile de Jean, n’est pas nouvelle. Toutefois, dans l’ancien français, l’usage a produit une certaine confusion entre les termes  linceul  et  suaire . Aujourd’hui, pour les francophones, le terme le plus employé lorsqu’on évoque le linge de Turin est celui de  suaire de Turin .

Le suaire présente des marques de brûlures dues à l’incendie de la chapelle du château des ducs de Savoie à Chambéry dans la nuit du 3 au 4 décembre 1532 ainsi que des traces laissées par l’eau utilisée pour éteindre le feu. Il fut traversé en différents endroits par les gouttes de métal fondu de la châsse en argent qui le protégeait. De part et d’autre de ces rapiècements sont bien visibles les marques de carbonisation qui s’étirent sur deux lignes parallèles. Les deux vues sont alignées tête-bêche. La main droite est posée sur le poignet gauche qui comporte une marque rosée, en forme de tache étoilée. En ce qui concerne les détails de la crucifixion, seuls deux des évangélistes, Luc et Jean, mentionnent le clouage des pieds et des mains. De même, il est difficile de trancher dans l’affirmation selon laquelle le coup de lance a un caractère plus théologique qu’historique.