Lire le capitalisme contemporain : Essai sur la société du XXIe siècle PDF

Annie Le Brun, née à Rennes en 1942, lire le capitalisme contemporain : Essai sur la société du XXIe siècle PDF une écrivain, poète et critique littéraire française. C’est ainsi qu’elle se situe dans le sillage du surréalisme, embrassant sa quête de  la beauté convulsive  et son insurrection lyrique.


Est-ce le fil du langage qui retient le cerf-volant de ce que nous sommes ou est-ce l’envol du cerf-volant qui donne au fil sa tension particulière ? Reste que quelque chose tient et emporte jusqu’à faire apparaître une forme qui n’est pas plus de l’autre que de moi. Mais sûrement en deçà de ce qui s’expose. Je suis d’abord un animal, et quelquefois un animal qui pense. Car on oublie trop que notre bisexualité se manifeste non seulement réellement, mais aussi symboliquement. Annie Le Brun se penche sur le roman gothique et le roman noir fantastique, explorant les paysages imaginaires de ces dramaturgies de l’horrible. Sade, dont elle devient une des grandes spécialistes, par-delà les légendes noires ou dorées.

Il fait tomber les masques, en même temps qu’il fait tomber dans l’abîme, car il révèle le fonctionnement réel de la pensée, l’imagination et les désirs donnant des idées au corps. C’est ainsi qu’elle s’interroge :  De la rigolade peureuse agrémentant la bagatelle bourgeoise à la neutralité mensongère de la pornographie de consommation, quelle différence, je vous le demande ? Comme elle l’écrit au début de sa postface à Le Surmâle d’Alfred Jarry, publiée en 1990 sous le titre  Comme c’est petit un éléphant ! Selon elle, celui-ci consiste à rien moins que  réinventer l’amour .

Elle précise plus loin :  Je m’interroge sur le fonctionnement à sens unique d’une pensée sur l’amour, censée rendre pourtant compte des mouvements de l’un et de l’autre et qui, du coup, au lieu de se développer en moyen de connaissance, se fige en système de représentation. En 1996, elle préface Manifeste, l’avenir de la société industrielle de Theodore Kaczynski, surnommé Unabomber. En 2000, avec la même exaltation éperdue de la révolte, de la liberté, de la poésie et de l’amour, elle revient avec son essai intitulé De l’éperdu sur de grands auteurs littéraires comme autant de figures de la liberté, et, avec Du trop de réalité, rappelle la nécessité de l’utopie et du rêve, sans jamais négliger sa radicalité et sa lucidité sans concession. Qu’il s’agisse des êtres ou de ce qu’ils produisent, on n’aime vraiment que ce qui n’en finit pas de se clore sur sa propre énigme. Et si la dernière page d’un livre ne se referme pas sur un monde inaccessible, quel est donc ce livre ? Dans une époque qu’elle considère comme asphyxiante, notamment en raison des divers maux de la société de consommation, et des fausses promesses de libération qu’elle engendre, elle se positionne constamment comme une insoumise, révoltée, dans un  écart absolu , revendiquant un  lâchez tout  cher aux surréalistes, à l’écart de toute organisation, dans la solitude d’une  désertion intérieure .

C’est avec les seules armes de la passion, et en premier lieu la passion amoureuse, qu’à la suite d’autres irréductibles traqueurs d’infini et de liberté, elle poursuit  l’immémoriale révolte de l’homme contre le temps qui lui est compté, contre le temps qui lui est toujours mal compté. Une position conciliant intransigeance critique et sens de l’éperdu, qu’elle énonce par exemple ainsi dans Sur le champ, son premier recueil poétique :  Je ne sais pas où je vais mais je sais ce que je méprise. Comme exemple de son éloignement du spectacle de l’actualité littéraire, et de son refus de toute compromission et mascarade, on peut citer sa réaction au lancement du Prix Sade en 2001, dans une lettre qu’elle adressa le 24 mars au président de ce prix, Lionel Aracil, qui avait fait figurer son nom, à son insu, dans le jury. Petite misère culturelle, vous êtes bien mal renseigné : méprisant depuis toujours autant ceux qui reçoivent les prix que ceux qui les donnent, comment pourrais-je consentir à participer à la mômerie d’un prix marquis de Sade ?