Loi islamique et droit dans les sociétés arabes PDF

France depuis le milieu des années 1990. Cet article résume cette controverse, depuis  l’affaire du voile  et le vote de la loi de 2004 sur les signes religieux dans les écoles publiques jusqu’à aujourd’hui, ainsi que loi islamique et droit dans les sociétés arabes PDF arguments qui s’affrontent en France. 1989, les médias français commencent à parler de filles qui portent  le tchador à l’école.


La contestation islamique des vingt dernières années remet en cause le fonctionnement actuel des sociétés arabo-musulmanes qui connaissent d’importants problèmes économiques, sociaux, démographiques… Elle révèle la perte de légitimité des modèles et des valeurs, notamment des systèmes juridiques en vigueur. Ainsi le projet politique d’instaurer un ordre islamique légitimé par la Loi coranique (la charia) et par l’exemple des premiers musulmans, se présente-t-il comme une voie possible de recherche de solutions à partir de valeurs authentiques. Mais comment ce projet peut-il s’accommoder des interprétations fort variées de la Loi par le droit, qui ont été produites au cours de l’histoire des sociétés arabes et musulmanes, spécialement depuis la réforme du droit islamique à l’œuvre depuis le siècle dernier ? Quel est le poids, dans ce processus, du droit importé et imposé, des réappropriations de la culture juridique par les États modernes et de la négociation des normes par les individus et les groupes ? En quoi ces mutations obligent-elles à repenser la relation qui s’est instaurée dans ces sociétés entre justice, vérité et histoire ? Telles sont les premières questions posées par ce livre, en partant des expériences collectives de la modernité, et de la réalité des cultures juridiques, dans deux pays arabes du Machreq, l’Egypte et la Syrie, dont les mutations dans ce domaine ont pesé sur les choix faits ailleurs dans le monde arabe et musulman. Bernard Botiveau a accordé une attention particulière au renouveau du savoir et de l’enseignement sur le droit des pays arabes, dans les universités islamiques notamment ; à l’émergence de nouveaux acteurs juridiques, avocats, juges et « justiciables » ; enfin à l’effet des constructions sociales du droit (en particulier dans les statuts personnels) sur une redéfinition de la norme islamique, qui est provoquée autant par les mouvements politiques contestataires que par des gouvernements en mal de légitimité. Au-delà du renouvellement des usages du droit, ce sont le sens et les finalités de la justice dans ces sociétés qui sont questionnés.

L’article de Ghislaine Ottenheimer explique qu’à la faveur de récréations, alors qu’il faisait très chaud, la directrice, voyant une fillette suer, lui aurait demandé de retirer son foulard, ce que la fillette refusa de faire. Au-delà de l’anecdote, Ghislaine Ottenheimer insiste sur l’époque et sur le climat :  Mais de quel droit, sous quel prétexte s’offenser du port d’un couvre-chef quel qu’il soit, en plein hiver ? Ernest Chénière, qui estime dans une lettre aux parents que le voile est une marque religieuse incompatible avec le bon fonctionnement d’un établissement scolaire. Il écrit :  Notre objectif est de limiter l’extériorisation excessive de toute appartenance religieuse ou culturelle. Selon le Principal, dans ce même établissement,  une vingtaine de jeunes israélites ne viennent pas le samedi matin, ni le vendredi soir pendant l’hiver. Les professeurs ne peuvent plus l’accepter. Les parents des filles portant le foulard ne veulent pas désarmer.

Les filles seront exclues de l’établissement. L’Humanité du 6 octobre 1989 continue :  volonté de mettre l’islam au ghetto, relents de racisme, démission éducative, Malek Boutih ne mâche pas ses mots . SOS Racisme demandera la réintégration des trois élèves et déclarera :  En aucun cas, une sanction ne peut être infligée à des élèves en vertu de leur foi. Lionel Jospin, ministre de l’éducation de l’époque, déclarera qu’il faut respecter  la laïcité de l’école qui doit être une école de tolérance, où l’on n’affiche pas, de façon spectaculaire ou ostentatoire, les signes de son appartenance religieuse.

Finalement, les trois élèves du collège Gabriel-Havez de Creil retourneront à l’école le lundi 9 octobre 1989, à la suite d’un accord entre les parents et le collège. Tout de suite après l’affaire de Creil, le MRAP est saisi par le frère de Souan Flijan. Inscrite finalement au lycée professionnel Marie Laurencin à Sainte-Marthe, elle est admise en cours le matin du 6 octobre 1989. Cependant, dès l’après-midi, on la refuse à nouveau en classe et Souan Flijan n’est plus revenue au lycée. LEP Philippe de Girard à Avignon, huit élèves viennent à l’école en arborant un foulard sur la tête.

Une des élèves déclarera :  Saida a porté pendant deux ans le tchador au collège, deux mois sans problème au LEP et puis d’un coup les affaires se multiplient en France et on vire Saida ! Le 19 octobre 1989, Le Provençal publie un reportage sur une école coranique comorienne à Frais-Vallon intitulé :  La guerre du voile n’aura pas lieu. L’orientation de l’article est révélatrice de l’ambiance qui entoure l’attention toute particulière portée soudain sur le voile en plein contexte de l’affaire Rushdie :  Les voiles des petites Comoréennes de Frais-Vallon n’ont rien à voir avec les tchadors iraniens, ni mêmes avec les tenues austères des religieuses. Ce sont des pièces de coton colorées, de couleurs vives, que les filles portent comme des foulards. Le jeudi 19 octobre 1989, les trois jeunes musulmanes du Collège Havez de Creil reviennent à nouveau avec leur voile en classe et ne sont donc plus admises en cours. Le 20 octobre 1989, Libération consacre une pleine page sur les  tchadors . Le dimanche 22 octobre 1989, un millier de personnes selon Libération,  quelques centaines  pour l’Humanité, ont manifesté à Paris contre l’interdiction du port du foulard à l’école.