Médecin catholique, pourquoi je pratique l’euthanasie PDF

Intérêt des enfants, intérêts des adultes ? J’entends régulièrement affirmer qu’il faut d’abord rappeler leurs devoirs aux enfants, avant de songer à leurs droits. D’autres, dans la même veine, n’hésitent pas à affirmer que c’est bien parce qu’on a reconnu des droits aux enfants qu’ils ne respectent plus aucune autorité. Je ne surprendrai pas en disant médecin catholique, pourquoi je pratique l’euthanasie PDF je ne partage pas un instant ces assertions.


Le témoignage exclusif d’une femme médecin, chrétienne engagée, qui, au nom de sa foi, pratique l’euthanasie sur les patients qui en font la demande (en Belgique). Une réflexion inédite sur la place du soignant, ses forces et ses faiblesses face à l’impuissance et la mort.

Le témoignage exclusif d’une femme médecin, chrétienne engagée, qui, au nom de sa foi, pratique l’euthanasie sur les patients qui en font la demande (en Belgique). Une réflexion inédite sur la place du soignant, ses forces et ses faiblesses face à l’impuissance et la mort.

Depuis l’origine, les chrétiens sont en première ligne pour la défense d’une fin de vie digne, et mobilisés contre l’euthanasie. Pour Corinne Van Oost, chrétienne engagée et médecin en soins palliatifs en Belgique, il en va autrement. Si elle était contre la loi au moment de sa promulgation il y a dix ans, c’est au nom de sa foi qu’elle accepte désormais de pratiquer les euthanasies aux patients qui en font la demande :  » J’en ai assez d’entendre des médecins cathos expliquer que c’est au nom de leur foi qu’ils refusent de pratiquer des euthanasies. De mon côté, quand j’ai l’intime conviction que ne peux plus soulager autrement le patient, j’estime que je n’ai pas le droit de m’abriter derrière ma foi pour me soustraire à ce geste. La personne face à moi a la priorité sur mes convictions !  » Se basant sur son engagement vécu au quotidien à l’hôpital et sa réflexion à la recherche du  » moindre mal « , elle cherche aujourd’hui à mettre en place un rituel pour permette à l’Eglise d’être présente aux côtés du malade qui vit cette expérience humaine inédite d’une mort anticipée et encadrée. Ce qui n’est pas sans déclencher des levers de boucliers.

A l’heure où la France est en plein débat sur l’euthanasie – François Hollande a lancé une commission d’enquête peu après son élection : un projet de loi pourrait voir le jour fin 2014 -, voici un témoignage édifiant, fruit d’un cheminement humain et spirituel longuement mûri.

J’affirme même que c’est bien parce qu’on identifie un individu dans ses droits que l’on peut plus facilement exiger de lui qu’il respecte la loi. Il n’est pas besoin d’être un grand observateur politique pour retrouver cette problématique dans différents domaines du champ social. On retrouve cette idée dans l’approche du débat sur le vote des étrangers aux élections locales. J’ajoute que droits et devoirs ne sont pas indéfectiblement liés. Certains droits de l’homme fondamentaux comme le respect de la personne ne sont gagés par aucun devoir.