Ma guerre d’Espagne: Brigade internationale : la fin d’un mythe PDF

20 000 brigadistes présents sur les fronts de la guerre civile au même moment. Les brigades avaient leur quartier général sur la base aérienne de Los Llanos, à Albacete. Les brigadistes ne représentaient cependant pas l’ensemble des volontaires étrangers engagés aux côtés des républicains espagnols. Beaucoup, par anti-stalinisme, rejoignirent plutôt les rangs du Ma guerre d’Espagne: Brigade internationale : la fin d’un mythe PDF à l’exemple de George Orwell.


Pour beaucoup, le mythe des Brigades internationales reste aujourdhui encore intact. Et pourtant, derričre laventure héroďque de milliers de volontaires venus de tous les pays au secours de la République espagnole, se cache une autre vérité, déconcertante et douloureuse, que révčle ce témoignage sauvé de loubli.
Sygmunt Stein, militant communiste juif en Tchécoslovaquie, bouleversé par les procčs de Moscou qui ébranlent sa foi révolutionnaire, va chercher en Espagne létincelle qui ranimera ses idéaux. Mais arrivé ŕ Albacete, sičge des Brigades internationales, il se voit nommé commissaire de la propagande, poste oů il découvre jour aprčs jour létendue de limposture stalinienne. Trčs vite, la réalité simpose ŕ lui : Ť La Russie craignait davoir une république démocratique victorieuse en Europe occidentale, et sabotait pour cette raison le duel sanglant entre les forces démocratiques et le fascisme. ť Tout ce quil croyait combattre dans le fascisme, ŕ commencer par lantisémitisme, il le retrouve dans son propre camp. La déception est ŕ la mesure de lespoir qui lavait mené en Espagne : immense. Affecté par la suite ŕ la compagnie juive Botwin, il sera envoyé au front pour servir de chair ŕ canon.
Des exécutions arbitraires du Ť boucher dAlbacete ť, André Marty, aux banquets orgiaques des commissaires politiques, en passant par les impostures de la propagande soviétique, Sygmunt Stein dénonce violemment dans son livre, écrit en yiddish dans les années 1950, et resté inédit en français, la légende dorée des Brigades internationales.

Les brigadistes ne furent ni les premiers ni les seuls volontaires étrangers à se battre en Espagne en faveur de la République. D’autres sont déjà présents sur le sol espagnol au moment des événements de juillet et se rallient au gouvernement légal : ce sont généralement des Allemands et des Italiens qui ont fui les dictatures fascistes de leur pays et ont trouvé l’asile en Espagne. Mais ces troupes sont extrêmement dispersées et peu organisées. Ces premiers volontaires étrangers se rassemblent au sein d’unités originales, portant le nom de héros du siècle passé, tel que le bataillon  Walery Wroblewski , héros de la Commune de Paris, ou le bataillon  Tom Mann , un socialiste anglais. Dans un premier temps, Staline reste favorable à la neutralité, afin de ne pas se brouiller avec ses  alliés objectifs  français et britanniques, animateurs du Comité international pour la non-intervention depuis le 26 août 1936. Les Brigades internationales sont officiellement créées par un décret du gouvernement espagnol le 22 octobre 1936.

Drapeau des Brigades internationales, avec l’étoile rouge à trois branches. C’est le Komintern qui est chargé de superviser l’organisation des Brigades internationales, et ses membres sont omniprésents. Le bureau de recrutement, qui est actif depuis le 18 septembre, est basé à Paris, sous la direction du général soviétique d’origine polonaise Karol  Walter  Świerczewski. Chaque brigade est divisée en bataillons, eux-mêmes subdivisés en centuries.

On veut en effet éviter de calquer les dénominations militaires. L’uniforme est embryonnaire, souvent une tenue de velours noir. Mais dans l’ensemble, l’organisation reste mal assurée : l’improvisation se retrouve d’un point de vue administratif, puisqu’ils n’ont aucun contrat, et la durée de leur engagement n’est pas non plus définie. Les volontaires sont envoyés par train ou bateau de France en Espagne, tandis que d’autres traversent la frontière par leurs propres moyens. Les brigadistes rejoignent Albacete, en Castilla-La Mancha, qui devient rapidement le siège du quartier général des Brigades internationales. Dans son témoignage sur la guerre civile espagnole, Sygmunt Stein évoque la présence de nombreux chômeurs, clochards et repris de justice notamment dans le bataillon franco-belge que les communistes avaient réussi à recruter parmi les  déclassés . Chez les Italiens, les Allemands et autres Européens venant de pays contrôlés par des gouvernements répressifs, le combat en Espagne est vu comme une première étape pour restaurer la démocratie ou promouvoir une cause révolutionnaire dans leur propre pays.