Mademoiselle V. Journal d’une insouciante PDF

Les zazous sont un courant de mode de la France des années 1940. Il s’agissait de jeunes gens reconnaissables à leurs vêtements mademoiselle V. Journal d’une insouciante PDF ou américains, et affichant leur amour du jazz. Veste à carreaux tombante, attitude dégingandée, parapluie fermé qu’il pleuve ou qu’il vente. Pendant l’Occupation, les zazous affichent une attitude  je m’en foutiste , insouciante à l’égard des drames de la guerre, et défiante à l’égard des autorités, qu’elles soient allemandes ou françaises.


Mademoiselle V. est Victorine Meurent, modèle favori d’Edouard Manet. De 1862 à 1874, elle posa pour la scandaleuse Olympia et dix autres chefs-d’œuvre du maître que Paris aima tant à haïr. On savait jusqu’ici très peu de choses du modèle et de la complicité qui la liait au peintre. Ce livre, qui exploite de façon singulière le vrai et le faux, la révèle enfin.

Amateurs de jazz, les zazous affichent une américanophilie et une anglophilie qui ne sont pas de mise. Ils s’inspirent des modes vestimentaires américaines, notamment les grands carreaux du zoot suit, avec un sens du mauvais goût étudié. Ils imitent avec provocation l’élégance gourmée, l’accent, les manières des snobs anglais. Ils portaient leurs cheveux longs et bouffants sur le dessus de la tête, par opposition aux coiffures militaires que la guerre et les restrictions imposent à presque tous les hommes. Disposant de moyens financiers importants en raison de leur milieu familial, parfois grâce au marché noir, ils aiment les tenues chères et élégantes : pantalons larges, vestons longs et cintrés, chemises à col dur et montant, cravates et chaussures en cuir à grosses semelles. Par provocation, ils portaient des vêtements trop longs à une période où le tissu était rationné.

Il ne s’agit pas d’un acte d’engagement, mais de manifester leur esprit de contradiction dans une attitude de défi. Ils furent arrêtés et conduits au camp de Drancy avant d’être relâchés. Cette attitude cynique et insouciante est dénoncée par tous ceux qui veulent mobiliser la jeunesse dans des œuvres utiles, qu’il s’agisse d’aider et de secourir tous ceux qui en ont besoin ou de préparer la revanche contre les Allemands. Raymond Asso, auteur de chansons pour Édith Piaf, aurait été le premier à utiliser le terme  zazou  dans le journal collaborationniste La Gerbe du 18 décembre 1941. Article détaillé : La mode sous l’Occupation. Les zazous étaient contemporains de l’existentialisme. Albert Camus, dans son roman L’Étranger de 1942, en donne la description suivante :  Un peu plus tard passèrent les jeunes gens du faubourg, cheveux laqués et cravate rouge, le veston très cintré, avec une pochette brodée et des souliers à bouts carrés.

Ils sont zazous est une chanson de Johnny Hess et Maurice Martelier. Comme après 1870, la France a réagi au désastre de 1940 par une réforme des institutions existantes et la création de nouvelles. En 1940, la presse a publié 78 articles anti-zazous, neuf autres en 1941 et 38 en 1943. Les journaux de Vichy qui déploraient la turpitude morale et la décadence qui affectait la morale française selon eux, considéraient les zazous comme des tire-au-flanc égoïstes et judéo-gaullistes. En 1942, le régime de Vichy s’est rendu compte que la renaissance nationale, qu’il espérait voir réalisée sous sa direction par les jeunes, était sérieusement affectée par le rejet généralisé de son éthique du travail, du désintéressement, de l’austérité et de la masculinité exigés. Des escouades de jeunes fascistes de la JPF, armés de tondeuses, attaquaient les zazous. Université du Québec à Montréal, 1995.