Marx 2000. : Actes du Congrès Marx International II PDF

Là où était le ça économique doit venir le je. Très tôt, Marx 2000. : Actes du Congrès Marx International II PDF Debord perd son père. Jeune, il est déjà un grand connaisseur des surréalistes et prend pour figures tutélaires Lautréamont et Arthur Cravan. Au milieu de ce  désert , cependant, la vie intellectuelle se poursuit.


L’œuvre de Marx n’est vivante que si elle est en permanence relue, questionnée, traitée de manière résolument  » laïque « . Ce travail ne s’est en fait jamais arrêté, y compris lorsque de tous côtés était décrétée la  » mort du marxisme « . Mais il était devenu moins visible, souterrain : Marx underground…
Aujourd’hui, comme l’atteste l’impact des Congrès Marx Internationaux qui se tiennent tous les trois ans (1995, 1998, le prochain en 2001) à l’Université de Nanterre, le regard porté sur le marxisme s’est transformé : resituée, parfois relativisée, la référence  » Marx  » est néanmoins de plus en plus perçue comme partie intégrante de toute véritable radicalité critique. Underground, Marx certes le demeure, mais par l’impénitent travail de sape auquel il se livre, comme point d’appui incontournable à tous les refus raisonnés de l’ordre régnant.
Les études regroupées dans ce volume, qui réunissent à la fois des signatures connues et d’autres venant d’une génération nouvelle, entendent ouvrir des pistes à cette nouvelle réappropriation de Marx. Leur thématique s’ordonne autour de trois axes : le statut du projet scientifique-critique marxien (la  » critique de l’économie politique « ), la question du politique chez Marx et Engels (dans leur conception du communisme, de la révolution, de l’État), les postérités de la pensée marxienne à travers trois figures emblématiques du marxisme du vingtième siècle (Bakhtine, Lukacs, Sartre).

Des électrons  libres  comme Boris Vian, Jacques Prévert, participaient au paysage intellectuel de ces années-là. Le premier film de Debord, désormais sans images et visuellement proche de L’Anticoncept de Gil J. Debord pose ici la limite, le point de départ, dans la suite qui l’amènera à la création de l’IS. Isou en revendiquant une attitude plus proche des anarchistes et des marxistes révolutionnaires que de l’idéal de  créativité généralisée  voulue par Isou. Après la création de la revue L’Internationale lettriste en 1952, l’IL fonde la revue Potlach qui commence à paraître en 1954. Entre les divers procédés « situationnistes », la dérive se présente comme une technique du passage hâtif à travers des ambiances variées. C’est dans cette même revue fondée par les surréalistes Marcel Mariën et Paul Nougé que Debord et Wolman publient en 1956 un texte fondamental : Mode d’emploi du détournement.

La dérive, la création de situations ludiques, etc. Les premières années sont marquées par un recrutement important d’artistes qui expérimentent différents procédés pouvant s’intégrer à une nouvelle architecture des villes appelée de leurs vœux par les situationnistes, notamment ce que le hollandais Constant nomme « urbanisme unitaire », et qui serait propice à l’invention ludique, la construction de situations et la réalisation de nouveaux désirs. En 1960, Debord signe le Manifeste des 121 pour le droit à l’insoumission dans le cadre de la guerre d’Algérie. Dans ces deux films, il fait un état des lieux de la vie aliénée, séparée par le quotidien marchand où chacun doit perdre sa vie pour rencontrer les autres dans le monde séparé de la marchandise. Le mouvement s’accélère dans la critique, qui s’occupe de moins en moins de la mort de l’art, mais veut englober le projet de son dépassement avec celui d’une critique globale de la société.

Le Déclin et la chute de l’économie spectaculaire-marchande, au sujet des émeutes de Watts, est publié sous forme de brochure en 1965, puis réédité en 1993 par les Belles Lettres. Directeur de la revue Internationale situationniste, Debord l’anime avec le renfort de Raoul Vaneigem et du hongrois Attila Kotanyi. Marx sur Feuerbach :  il faut réaliser la philosophie . Debord en recommande la lecture autour de lui. Debord fait le lien que Boorstin et d’autres voient, comme Orwell dans Un peu d’air frais, avec le grand supermarché et la fin d’un monde, celui du capitalisme de chemin de fer, et l’avènement de la société dite du  spectacle .

De la misère en milieu étudiant. En 1969, le dernier numéro de la revue s’ouvre par :  Le commencement d’une époque . IS et avance qu’une avant-garde doit savoir mourir quand elle a fait son temps. Vaneigem est très critiqué dans ce livre comme  tendance droitière  au sein de l’IS. Les  thèses de Hambourg  sont explicitées pour la première fois dans ce livre,  pour servir à l’histoire de l’IS .

Quatrième de couverture rédigée par Guy Debord du livre de Bruno Rizzi, L’URSS : collectivisme bureaucratique. La Bureaucratisation du monde, éditions Champ Libre, 1977. Debord, à partir de 1972, exerce une influence de plus en plus grande sur Champ libre, la maison d’édition de Gérard Lebovici qui l’édite. La visée stratégique de Gérard Lebovici et Guy Debord à travers Champ libre est de mettre en lumière l’apparence des choses afin de mieux en dévoiler la réalité.

Il s’agit d’un travail de déprogrammation, de contre-information, de démystification, dont Champ libre est le vecteur essentiel. Debord loue un appartement à Séville au cours des années 1980. Couverture de Considérations sur l’assassinat de Gérard Lebovici, 1985. Gérard Lebovici dans un parking de l’avenue Foch, il est mis en cause et largement accusé par la presse, toutes tendances confondues, certains journaux allant même jusqu’à l’accuser d’être responsable directement ou indirectement du meurtre. Il révèle également la conversation, primordiale selon lui, entre Francis Ryck et Marie-Christine de Montbrial, amie proche de l’éditeur, et le 28 janvier 1986, décide de ne plus la voir du fait de son témoignage auprès de la police et des contacts qu’elle aurait conservés avec Ryck, dont il juge l’attitude ambigüe.

Il montre que c’est en France et en Italie que le spectaculaire est le plus avancé. Debord annonce, dans l’indifférence générale, l’effondrement des dictatures bureaucratiques des pays de l’Est . Debord reproche à Baudet d’avoir artificiellement restitué le premier volume de L’Obsolescence de l’Homme en lui ayant  fait employer quelques termes pris dans les plus récents commentaires sur le spectacle  dans sa lettre du 22 septembre 1988. 297 de Correspondance avec Guy Debord J.

Cette technique de détournement des citations avait été initiée par Isidore Ducasse. Debord confie au philosophe italien Giorgio Agamben qu’il n’est pas un philosophe mais un stratège. Atteint de polynévrite alcoolique, Debord est durant un temps soigné par Michel Bounan, un médecin homéopathe proche de ses idées. Dans un extrait de Panégyrique, il exprime malgré tout son amour pour l’alcool, et pour ce que l’ivresse lui a apporté dans sa vie et son œuvre, en restant conscient que son état de santé était entièrement lié à son alcoolisme avoué et assumé.

Marié à Michèle Bernstein en 1954, il avait épousé, en secondes noces, Alice Becker-Ho en 1972. La Société du spectacle, Debord s’appuie sur les théories de Karl Marx pour construire sa théorie du Spectacle et parmi les penseurs marxistes, Georg Lukács compte parmi ceux qui ont eu une influence décisive sur ses écrits théoriques. L’économie marchande se présente comme le successeur de la nature et la bourgeoisie comme son gestionnaire. Au moment où la société découvre qu’elle dépend de l’économie, l’économie, en fait, dépend d’elle. Cette puissance souterraine, qui a grandi jusqu’à paraître souverainement, a aussi perdu sa puissance. Le ça économique peut donc être identifié aux forces de l’inconscient social par lesquelles l’économie politique maintient inchangés ses rapports de production et empêche, corollairement, que soient réorientées, souverainement, les forces productives.

Le vieux schéma de la contradiction entre forces productives et rapports de production ne doit certes plus se comprendre comme une condamnation automatique à court terme de la production capitaliste qui stagnerait et deviendrait incapable de continuer son développement. Une société toujours plus malade, mais toujours plus puissante, a recréé partout concrètement le monde comme environnement et décor de sa maladie, en tant que planète malade. Une société qui n’est pas encore devenue homogène et qui n’est pas déterminée par elle-même, mais toujours plus par une partie d’elle-même qui se place au-dessus d’elle, qui lui est extérieure a développé un mouvement de domination de la nature qui ne s’est pas dominé lui-même. Le  Tout est moins vrai que la somme des vérités de ses parties ou, pour retourner la célèbre phrase de Hegel :  Le Tout est le mensonge, seul le Tout est le mensonge. Notre monde actuel est  postidéologique  : il n’a plus besoin d’idéologie. Ce qui signifie qu’il est inutile d’arranger après coup de fausses visions du monde, des visions qui diffèrent du monde, des idéologies, puisque le cours du monde lui-même est déjà un spectacle arrangé. Debord n’est pas allé jusqu’au bout du chemin.