Océan immédiat : Edition bilingue français-anglais PDF

Brevet de pilote de la Fédération internationale aéronautique d’Henri Océan immédiat : Edition bilingue français-anglais PDF. Il eut deux frères aînés, René et André, et n’avait que deux ans lorsque sa mère décéda en mettant au monde un quatrième enfant, prénommé Pierre, qui ne survécut pas.


Aux limites tracées par les océans et les terres, dans des régions du Nord et du Grand Nord, ces photographies sans cohérence géographique ou saisonnière évoquent la présence humaine, les rigueurs des latitudes et des époques. Way out at the limits traced by land and ocean, in the regions of the North and the Far North, these photographs, beyond all geographical or seasonal coherence, evoke human presence and the rigours of latitudes and ages.

Elevés par leur grand-mère et par leur père, jusqu’à la mort de ce dernier en 1918, c’est ensuite le frère aîné, René, qui tint le rôle de chef de famille. En février 1922, il devance l’appel sous les drapeaux en contractant un engagement de trois ans, d’abord au Centre d’Instruction Militaire d’Istres, avant d’être affecté au 38e régiment de chasse de Thionville, dans la 8e Escadrille, sous les ordres du Lieutenant Léon Challe. Florentin Bonnet, René Weiser ou encore Jean Mermoz, ce dernier de retour d’une campagne militaire en Syrie. Sous l’uniforme, il remporte, en 1923, le concours de tir aérien à Cazaux, puis, après avoir renouvelé son engagement militaire d’une année, il gagne, le 15 juin 1925, la célèbre course Military Zenith, réservée aux pilotes militaires. Il avait, entre le 22 mai et le 13 juin, déjà réalisé 5 tentatives infructueuses. C’est peu de temps ensuite, lors d’une permission en août 1925, qu’il retrouve, par hasard à la terrasse d’un café parisien, Jean Mermoz, démobilisé depuis plus d’un an. Ce dernier l’invite à le rejoindre dans l’entreprise Latécoère, future Aéropostale.

Une fois démobilisé, Henri rejoint donc, à Toulouse, la Compagnie Latécoère, le 13 février 1926. Sur le terrain de Montaudran, il commence aussitôt, comme c’est la règle avec le directeur Didier Daurat, par un stage aux ateliers afin de parfaire ses connaissances en mécanique. Il est ensuite assigné dans un premier temps sur la ligne du courrier, Toulouse-Barcelone-Alicante, puis Casablanca-Dakar. Le 12 juin 1930, c’est l’hiver dans l’hémisphère sud et la tempête qui sévit oblige Henri à rebrousser chemin, et à revenir se poser à Santiago du Chili après plus d’une heure de vol infructueux. 2 heures, jusqu’à la panne d’essence. Mais, durant l’atterrissage, la neige qui s’accumule devant ses roues finit par bloquer son avion qui effectue un  pylône  et se retrouve tête en bas.

Bloqué par la tempête de neige, il passe les deux premières nuits enveloppé dans son parachute, dans un abri qu’il a creusé dans la neige sous l’aile de son avion retourné. Il emporte sa petite valise contenant seulement une boussole, une lampe électrique, un petit réchaud à alcool solidifié avec des allumettes et quelques vivres -de la viande en conserve, du lait condensé et du rhum- puis il se met en route en estimant qu’avec 3 à 4 jours de beau temps et de lune claire, il pourrait marcher jour et nuit et accomplir les 60 kilomètres qui le séparent de la plaine argentine. L’exploit, que les habitants des vallées résument parfaitement  Es imposible , construit la légende de cet homme discret au milieu des grands noms de l’Aéropostale. L’écrivain lui dédiera alors son livre à succès,  Terre des Hommes , dans lequel il relate l’aventure de son ami.

Et lorsque, lors de sa tentative de raid longue distance Paris-Saigon, St Exupéry s’écrasera dans le désert libyen en compagnie de son mécanicien André Prévot, il marchera dans la même direction orientale que l’avait fait Guillaumet dans la montagne. Rappelé en France le 25 septembre 1934, au sein de la nouvelle compagnie Air France, il participe, avec Mermoz, à sa première traversée de l’Atlantique-Sud, à bord de l’avion trimoteur Couzinet 70, Arc en Ciel, et effectuera au total 84 fois la traversée de l’océan, sur différents types d’avions et d’hydravions, la dernière ayant lieu le 11 novembre 1939. Le 7 décembre 1936, Guillaumet, qui est chef de l’hydrobase de Dakar, accueille pour la dernière fois Jean Mermoz avant son vol fatal avec tout l’équipage de l’hydravion postal, Latécoère 300, Croix-du-Sud. Il est le témoin du décollage, puis du retour de l’appareil et assiste aux tentatives de réparation sur le réducteur d’hélice défaillant, car aucun autre avion n’est disponible dans l’immédiat. Le 23 août 1938, il s’attaque à l’Atlantique-Nord à bord de l’hydravion géant transatlantique hexamoteur, Latécoère 521 Lieutenant de Vaisseau Paris, du nom de l’officier de marine Paulin Paris, disparu en 1934. Après des escales à Lisbonne et aux Açores, il amerrit à Port-Washington, après un voyage de plus de 38 heures. Lors de la déclaration de guerre avec l’Allemagne, Guillaumet demande à être affecté dans une unité de combat aérienne et principalement dans la chasse.

Il écrira au général Pujo, président d’Air France, et futur ministre de l’Air,  vous comprenez mon impatience, mon Général, car je suis de l’Est , une région ayant eu énormément à souffrir lors du premier conflit mondial. Guillaumet recevra un refus sans appel de la part du chef d’escale de Marseille, lui intimant l’ordre de respecter strictement le plan de vol établit par la commission italienne en longeant les côtes de la Sardaigne jusqu’à son escale de Tunis. Méditerranée, à environ, 90 kilomètres des côtes africaines, le Farman, pourtant facilement identifiables à ses  bandes d’armistice  oranges imposées par les Allemands, est pris à partie et abattu par un chasseur italien. Les stations d’écoute de Tunisie, captent les derniers signaux de morse lancés par l’opérateur radio  sommes mitraillés ! Pourtant, un opérateur de la station de radiogoniométrie de Tunis, resté à l’écoute au-delà de l’ultime message de l’avion, avait, le jour même, parfaitement identifié certaines communications des pilotes italiens rentrant à leur base, l’un d’eux annonçant triomphalement, avoir  abattu un gros appareil inconnu . Le 15 juin 1925, il remporte l’épreuve Military Zenith, réservée aux seuls pilotes militaires. En 1927, à 25 ans, il obtient la Légion d’honneur pour avoir participé au sauvetage de plusieurs pilotes uruguayens des mains des Maures, alors qu’il volait sur la ligne Casablanca-Dakar.

En 1938, il est lauréat du Prix Henry Deutsch de la Meurthe, de l’Académie des sports, récompensant un fait sportif pouvant entraîner un progrès matériel, scientifique ou moral, pour l’humanité. Le 14 juillet 1939, il obtient, aux commandes du Latécoère 521 Lieutenant de Vaisseau Paris, le Ruban bleu du record de la traversée de l’Atlantique. En décembre 1998, sur les lieux de son atterrissage forcé dans les Andes sur une des rives de la Laguna del Diamante, une plaque commémorative est apposée par l’Ambassadeur de France à Buenos Aires, Jean-Michel Gaussot. En 2001, Juan Gualberto Garcia, le jeune berger qui secourut Guillaumet dans les Andes le 19 juin 1930, fut récompensé de la Légion d’Honneur, des mains du président de la République française, Jacques Chirac.