Paul le converti, apôtre ou apostat PDF

Monique, connue sous l’appellation de sainte Monique, née en c. C’est en effet dans un monde encore majoritairement païen où le christianisme n’est toléré que depuis l’édit de Milan publié par l’empereur Constantin en 313, que Monique a vu le jour vers 331, au sein d’une famille de vieille tradition chrétienne. C’était un homme bon, affectueux et ouvert d’esprit : non seulement il laissera sa femme élever leur fils dans un intense climat de foi chrétienne, mais finira même par s’inscrire vers paul le converti, apôtre ou apostat PDF au catéchuménat, et recevra le baptême quelque temps avant de mourir. Petits propriétaires terriens, les parents d’Augustin disposaient, en effet, d’une domesticité et de quelques biens : pas le grand luxe, mais suffisamment pour financer, en partie, les hautes études de leur fils.


Paul est rarement lu de façon sérieuse par les historiens juifs, car il provoque la colère des juifs d’aujourd’hui tout comme il provoquait celle de ses contemporains juifs et chrétiens. Son expérience du Christ dans ses visions, même si le Christ ne lui apparut jamais en chair et en os, rendit également son apostolat suspect aux yeux des apôtres. Pourtant, les méditations de Paul sur la signification du Christ devinrent, en Occident, le fondement des interprétations des intentions de Jésus, au même titre au moins que celles de ses disciples directs. La plupart des chercheurs considèrent qu’après la conversion, les écrits de Paul perdent toute pertinence pour le judaïsme. Il n’en est rien : Paul écrit à une communauté chrétienne toute nouvelle et qui est encore juive pour l’essentiel ; il nous apporte ainsi le seul témoignage d’un monde aujourd’hui disparu, celui du judaïsme hellénistique au quotidien. L’histoire, après Paul, a considéré que le christianisme était différent du judaïsme. Ce fait qui semble indéniable aujourd’hui n’était guère évident au Ier siècle. Paul se serait opposé avec force à toute distinction entre sa foi et son judaïsme, car il ne cessa de prêcher l’unité en Christ des juifs et des chrétiens. Pourtant, le fait que Paul ait réuni juifs et gentils dans sa communauté fut, par une étrange ironie, un pas décisif vers la séparation du judaïsme et du christianisme. Cependant l’étude de Paul est un apport essentiel à l’histoire juive. En effet, malgré la complexité de ses sentiments à l’égard du judaïsme et la singularité de son point de vue chrétien, Paul est une des sources les plus riches et les plus fiables pour notre connaissance de la vie religieuse juive au Ier siècle.

Pourvu tous deux d’un sens très fort de la persévérance, particulièrement au sujet de l’avenir de leur fils, ils apparaissent, avec le recul, comme les parents idéaux pour un futur évêque de l’Église d’Afrique aux premiers siècles. En plus d’Augustin, ils eurent au moins un fils et une fille. Hippone, où elle dirigea la communauté. Monique n’aura rien épargné en vue de l’éducation d’Augustin, parvenant d’autant mieux à lui inculquer la foi chrétienne que tout, dans son propre comportement, confirmait la véracité et la grandeur des enseignements évangéliques. Et cependant, Augustin a pu faire deux reproches à sa mère. Premièrement, d’avoir différé le baptême de son fils, mais c’était là une coutume en usage dans l’Église de Thagaste d’attendre l’âge adulte pour recevoir ce sacrement.

De fait, à l’âge de dix-sept ans, Augustin est envoyé à Carthage pour y parfaire sa formation de rhéteur. Les études à Carthage amènent également Augustin à se poser des questions sur le sens de la vie. Cicéron, intitulé Hortensius : séduit par ce protreptique, il est pourtant déçu de ne pas y trouver le nom du Christ. Dès 369, Monique a senti que son fils s’éloignait d’elle, au point de vue spirituel comme au point de vue moral.

Auparavant, il s’était retiré à Cassiciacum, dans une villa de campagne mise à sa disposition par un certain Vérécundus. Spiritualité et intellectualisme : tout saint Augustin est déjà là, dans une atmosphère de recueillement et de convivialité, dont il évoquera la lumineuse douceur à travers les pages des Dialogues. C’est pourquoi les neuf livres autobiographiques des Confessions se voient prolongés de quatre livres anthropologiques, consacrés aux problèmes de la mémoire, du temps et de la création. Ces trois derniers traits méritent une explication car ils achèvent de présenter la personnalité de la sainte, dans le cadre de la réflexion théologique de son fils. Dans ces conditions, que faut-il penser des pleurs si abondamment répandus par Monique ?

Sans nier les ressources de la sensibilité, il en appelle donc à un dépassement des points de vue particuliers, au profit d’une vision élargie, qui est ouverture sur la Vérité, l’Au-delà, l’Absolu. Dialogues jettent les premières passerelles entre la philosophie platonicienne et la doctrine catholique, en faisant revivre la studieuse et joyeuse ambiance de Cassiciacum. On peut même affirmer que le simple témoignage de sa personnalité va orienter de manière décisive la réflexion d’Augustin. Depuis longtemps déjà, il observe un décalage flagrant entre le haut niveau conceptuel de la philosophie et l’adhésion ingénue de sa mère aux vérités révélées. Mais l’essentiel ne consiste-t-il pas, comme elle le fait, à aimer la sagesse et à ne craindre ni la souffrance, ni la mort ?