Pourquoi ont-ils tué Laurent-Désiré Kabila ? PDF

Il est considéré en République démocratique du Congo comme le premier  héros national  du pays. Il découvre, en travaillant pour la société minière, que les matières premières de son pays jouent un rôle capital dans l’économie mondiale, mais aussi que les pourquoi ont-ils tué Laurent-Désiré Kabila ? PDF multinationales ne font rien pour mêler des cadres congolais à la gestion de ces richesses.


Le ministre belge en charge à l’époque de la politique coloniale, Auguste Buisseret, veut faire évoluer le Congo et, notamment, développer un enseignement public. Lumumba adhère au Parti libéral, parti de ce ministre, et y attire des notables congolais. Et, en compagnie de plusieurs notables congolais, il se rend en Belgique sur invitation du Premier ministre. C’est à cette époque que Patrice Lumumba écrit un livre sous le titre le Congo, terre d’avenir, est-il menacé ? Dans cet ouvrage il plaide pour une évolution pacifique du système colonial belge dont il reste partisan. En 1956, il est jugé pour avoir détourné des fonds des comptes de chèques postaux de Stanleyville et condamné à un emprisonnement d’un an.

Il vit son incarcération comme une injustice puisque, n’étant pas toujours payé, il considère n’avoir fait que prélever son dû. Libéré par anticipation, il reprend ses activités politiques et devient directeur des ventes d’une brasserie. C’est précisément à cette époque que le gouvernement belge prend quelques mesures de libéralisation : syndicats et partis politiques vont être autorisés en vue des élections municipales qui doivent avoir lieu en 1957. Les partis politiques congolais sont parrainés par ceux de Belgique et Lumumba, classé pro-belge par ses discours et ses rapports avec les libéraux belges, est inclus dans l’amicale libérale. En 1958, à l’occasion de l’Exposition universelle de Bruxelles, première du genre après la guerre et qui a un grand retentissement dans le monde, des Congolais sont invités en Belgique, dont Patrice Lumumba. En décembre 1958, il est présent à la Conférence des Peuples africains à Accra, qui constitue pour lui un tournant politique essentiel. De retour au Congo, il organise une réunion pour rendre compte de cette conférence et il y revendique l’indépendance devant plus de 10 000 personnes.

En 1959, la répression s’abat sur les mouvements nationalistes. 42 morts selon les autorités coloniales, mais plusieurs centaines selon certaines estimations. L’ABAKO est dissoute et son dirigeant, Joseph Kasa-Vubu, déporté en Belgique. Débarrassées de Lumumba, qu’elles considéraient comme le chef de la tendance radicale des indépendantistes, les autorités belges organisent des réunions avec les indépendantistes. Une table ronde réunissant les principaux représentants de l’opinion congolaise a lieu à Bruxelles, mais les délégués congolais refusent unanimement de siéger sans Lumumba. Le 30 juin, lors de la cérémonie d’accession à l’indépendance du pays, Lumumba — qui a définitivement largué les libéraux et qui s’est entouré de conseillers étrangers de gauche — prononce un discours virulent dénonçant les abus de la politique coloniale belge depuis 1885. Il prend le contrepied de la politique modérée de ses débuts telle qu’on peut la découvrir dans son livre Le Congo, terre d’avenir est-il menacé ?

Son discours, qui doit lui permettre de l’emporter sur Kasavubu dans l’opinion des Congolais politisés, proclame vivement que l’indépendance, qu’il souhaite associée à l’unité africaine, marque la fin de l’exploitation et de la discrimination et le début d’une ère nouvelle de paix, de justice sociale et de libertés. Aussi, Baudouin veut-il se retirer et regagner Bruxelles. Mais le Premier ministre belge Gaston Eyskens parvient à l’en dissuader et, le soir même, lors d’un banquet réunissant hommes politiques congolais et belges, Patrice Lumumba s’efforce de préciser ses paroles prononçant un discours qui se veut lénifiant dans lequel il évoque un avenir de coopération belgo-congolaise. En 1960, deux ans après le Ghana, le Congo accueille à son tour une conférence panafricaine. Belgique, Lumumba dénonce le fédéralisme comme une manœuvre néocolonialiste :  Sous le camouflage du mot fédéralisme, on veut opposer les populations du Congo . Mais les effets du premier discours de Lumumba, retransmis par la radio, se font rapidement sentir dans la population congolaise. Les paroles en sont interprétées comme anti-belges, alors que les fonctionnaires belges restent présents à tous les échelons de l’administration congolaise et que, dans l’armée, le cadre d’officiers reste également belge en attendant la formation des premières promotions d’officiers congolais.

Lumumba en profite pour évincer les officiers belges et décrète l’africanisation de l’armée, tout en doublant la solde des soldats. La Belgique, jugeant qu’on ne peut plus avoir confiance dans le gouvernement congolais et dans son armée pour rétablir la sécurité, répond par l’envoi de troupes pour protéger ses ressortissants à Léopoldville, la capitale située dans le bas-Congo, mais aussi dans d’autres régions. C’est un véritable conflit qui menace d’éclater, ce qui provoque l’internationalisation de l’affaire congolaise avec, à l’ONU, une condamnation par l’Union soviétique et des pays du tiers monde qui veulent soutenir Lumumba et ses partisans. Le 12 aout, la Belgique signe un accord avec Tshombé, reconnaissant de facto l’indépendance du Katanga.

Alors que Lumumba décide de réagir en envoyant des troupes reprendre la région, l’ONU revient sur sa position initiale et impose militairement un cessez-le-feu, empêchant l’entrée des troupes congolaises. Devant la  trahison  de l’ONU, Lumumba en appelle à la solidarité africaine et réaffirme son intention de résister :  Tous ont compris que si le Congo meurt, toute l’Afrique bascule dans la nuit de la défaite et de la servitude. Voilà encore une fois la preuve vivante de l’Unité africaine. Voilà la preuve concrète de cette unité sans laquelle nous ne pourrions vivre face aux appétits monstrueux de l’impérialisme. Léopoldville par lequel Joseph Désiré Mobutu prend le pouvoir. Le nouveau régime reçoit le soutien de Kasa-Vubu et de l’ONU.