Préface à la Bible hébraïque PDF

Acteur mineur du récit de Juda et Tamar, il est le fils puîné de Juda et de son épouse la fille de Choua. La nature de l’acte d’Onan et la raison de sa mort, non détaillées dans la Bible, ont fait l’objet de plusieurs interprétations : pratiques magiques, refus de perpétuer la lignée ou, selon les exégèses juive et chrétienne, préface à la Bible hébraïque PDF sexuelles dépravées — en l’occurrence la masturbation, appelée pour cette raison  onanisme . La vie et le destin d’Onan, le second fils de Juda, est tracée en quelques versets : La fille de Choua  conçut encore et eut un fils et elle lui donna le nom d’Onan.


Tout au long de son oeuvre, George Steiner s’est interrogé sur la poétique de la traduction et sur le sens de la lecture, ce qu’il appelle sa « responsabilité ». Dans cette Préface à la Bible hébraïque, c’est-à-dire à l’Ancien Testament des chrétiens, il se frotte au texte fondateur de notre culture et à ses diverses traductions. Prenant pour point de départ la King James Version (1611), qui fut le véritable creuset de la langue anglaise, comme la Bible de Luther le fut de la langue allemande, il offre une analyse concise mais percutante des enjeux de la traduction. Interrogeant le texte biblique à la lumière de l’histoire moderne, notamment de la Shoah, il montre en virtuose pourquoi c’est ce livre qui « pose le plus de questions à l’homme » , en quoi il a façonné notre conception même du divin, de la création, de l’inspiration, mais aussi de la littérature, de Shakespeare à MobyDick. George Steiner nous rappelle enfin à quel point toute lecture de la Bible reste une aventure risquée. À ce titre, cette préface, qui est sans conteste l’un des textes les plus personnels de l’auteur, est aussi une méditation sur la transcendance et sur le sens même de l’écriture, qu’elle soit de Dieu ou de l’homme.

Alors Juda dit à Onan: « Épouse la femme de ton frère en vertu du lévirat, afin de constituer une postérité à ton frère » mais Onan savait que cette postérité ne serait pas la sienne et alors, chaque fois qu’il approchait de la femme de son frère, il détruisait vers la terre, afin de ne pas donner de semence à son frère. Son attitude déplaît à Dieu et il meurt. Aunan qui consiste non à corrompre sa semence mais à la déverser. Rachi déduit du récit qu’Er se livrait probablement aux mêmes pratiques qu’Onan, afin de ne pas flétrir la beauté de sa femme par la grossesse, ce qui contribue à accréditer la thèse.

Juda, n’avait pas été coupable de son côté d’avoir pris la décision de vendre Joseph, causant l’affliction et la discorde au sein de la maison de Jacob. Cette mort ne serait donc pas la rétribution d’un péché sexuel mais la malédiction qui atteint le coupable jusqu’à la quatrième génération. Alors Juda dit à Onân : Va vers la femme de ton frère, remplis avec elle ton devoir de beau-frère et assure une postérité à ton frère. Cependant Onân savait que la postérité ne serait pas sienne et, chaque fois qu’il s’unissait à la femme de son frère, il laissait perdre à terre pour ne pas donner une postérité à son frère. Ce qu’il faisait déplut à Yahvé, qui le fit mourir lui aussi. L’onanisme, représentant non pas la masturbation, mais le coït interrompu, c’est-à-dire une pratique afin d’éviter les naissances, est considéré comme un crime et un péché très grave. La plupart des exégètes modernes pensent que la faute d’Onan fut surtout d’enfreindre les règles du lévirat, c’est-à-dire de refuser de donner une descendance à la femme de son frère.