Qu’est-ce qui nous unit ? PDF

Please forward this error screen to world-328. Qu’est-ce qui nous unit ? PDF système de dogmes cohérents, ou en apparence cohérents, forme une idéologie.


Conflits, affrontements polémiques… Notre quotidien se noie sous les informations de ce qui nous divise, sous les constats de nos désunions.
Au point de faire parfois oublier l’autre versant, tout aussi immense, celui de nos attachements, de nos retrouvailles, de nos solidarités.
De quelle nature est donc ce lien humain, qui se tient à l’arrière-plan des déchirures ? Est-il inné ? Pluriel ? Spontané ? Sans cesse à construire ?
Pour répondre à ces questions, Roger-Pol Droit explore ces  » nous  » auxquels nous participons et qui nous constituent : le  » nous  » de la famille, celui des amis et des amants, de ceux qui parlent une même langue, le  » nous  » des citoyens, le  » nous  » de l’humanité – sans oublier le  » nous  » des vivants, toutes espèces rassemblées.
Dis-moi de quel  » nous  » tu parles, je te dirai ce qui le tisse et nous relie aux autres – telle est la maxime de cet essai incisif, qui éclaire cette question urgente d’une lumière inattendue.

Certaines croyances non religieuses sont souvent appelées  dogmes , notamment en politique ou en philosophie. Dans le monde du cinéma, les films dits  du Dogme  font référence au Dogme95 lancé par Lars von Trier ou avec le film Dogma. Le concept de  dogme  est souvent utilisé avec une intention critique ou polémique pour qualifier des affirmations présentées comme incontestables mais qui ne sont pourtant fondées ni par une croyance religieuse ni par une démonstration rationnelle. Malgré certains points communs, un dogme n’est pas assimilable à un axiome. Comme le  dogme , l’ axiome  est une vérité admise bien qu’elle ne soit pas rationnellement démontrable.

Les conciles des premiers siècles statuèrent dans ce cadre sur des questions de christologie. Auparavant, les conciles sont locaux : ce sont des tribunaux où l’on juge les minoritaires, tel celui de Hiérapolis qui avait exclu Montan en 175. Confusion entre religion et ordre social : dans une société où la religion est un élément fondateur, une hérésie constitue une remise en cause de l’ordre social. L’image de l’amande, dont il faut casser l’écorce pour trouver la substance nourrissante, se retrouve dans l’art : c’est à cause de cette symbolique que dans les icônes, le Christ est parfois représenté au centre d’une figure en forme d’amande.

Pour le catholicisme, la question première à se poser face à un dogme est ce qu’il signifie, ou plus exactement : en quoi la compréhension de ce que recouvre cet énoncé peut-il rapprocher le croyant de Dieu ? Dans cette perspective, ce que les systèmes religieux doivent essayer de transmettre à travers leurs dogmes n’est pas une philosophie arbitraire, mais quelque chose dont la légitimité se justifie par le fruit expérimental et collectif de milliers d’années de méditations. Il existe un lien organique entre notre vie spirituelle et les dogmes. Les dogmes sont des lumières sur le chemin de notre foi, ils l’éclairent et le rendent sûr. Inversement, si notre vie est droite, notre intelligence et notre cœur seront ouverts pour accueillir la lumière des dogmes de la foi.

Cela reviendrait à croire que c’est la connaissance qui permet d’être sauvé, comme le croient par exemple les gnostiques. Dans l’initiation catholique, la compréhension d’un dogme s’appuie sur un parcours initiatique, qui demande un travail personnel et du temps. Le catéchuménat n’est point un simple exposé des dogmes et des préceptes, mais une formation à la vie chrétienne intégrale et un apprentissage par lesquels les disciples sont unis au Christ leur Maître. Les catéchumènes doivent donc être initiés comme il faut au mystère du salut et à la pratique des mœurs évangéliques, et introduits, par des rites sacrés à célébrer à des époques successives, dans la vie de la foi, de la liturgie et de la charité du peuple de Dieu.

Celui qui y réfléchit par lui-même, et compare le résultat à ce qu’on lui a dit, finit par reconnaître le concept qui se cachait sous les mots. C’est un symbole, au sens étymologique : le dogme tient de la formule de reconnaissance, il indique à celui qui n’a pas encore franchi l’étape initiatique qu’il y a quelque chose au-delà, et il permet à celui qui l’a franchie de savoir qu’il a passé la bonne porte. Quand une personne d’un esprit cultivé se présente à toi pour se faire instruire, si elle est déterminée à embrasser le christianisme et prête à recevoir le baptême, elle a déjà, selon toute vraisemblance, acquis une connaissance assez étendue de nos saintes lettres, et elle n’a d’autre intention que de participer aux sacrements de l’Église. Chacun progresse à son rythme dans la compréhension de la foi. C’est le Maître intérieur qui enseigne, le Christ qui enseigne, son inspiration qui enseigne. Où ne sont pas son inspiration et son onction, inutile est le tapage des mots au dehors. Saint Augustin, Commentaire sur la 1re épître de saint Jean.

Le rejet du dogmatisme au nom du rationalisme y est justifié par l’idée que la religion est une source d’autorité arbitraire et irrationnelle. De fait, le dogme n’est pas immédiatement accessible à la raison : il semble souvent un énoncé arbitraire, voire incompréhensible, pour celui qui le découvre. Docteurs catholiques pour arriver à quelque intelligence du dogme, ne reposent assurément pas sur un fondement si fragile. Les conclusions de ce concile provoquent la scission avec les Églises des trois conciles En 449 se déroule le Deuxième concile d’Éphèse, un concile oriental qui décide le monoénergisme. Les écrits des réformateurs, principalement Luther et Calvin, forment une source d’inspiration pour la formulation des dogmes. Karl Barth et Emil Brunner servent de base à l’étude des dogmes. Dans les églises évangéliques, on affirme l’inerrance biblique, c’est-à-dire l’inspiration littérale de la Bible : ce sont les Églises  inerrantistes .

Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Le dogmatisme est une philosophie de la connaissance qui considère que l’homme a la possibilité d’atteindre une vérité absolue au moyen de la raison, même dans les recherches métaphysiques. Plus tard, elle se retrouve chez Descartes, Leibniz et Spinoza. Dans l’histoire de la philosophie, il s’oppose d’ordinaire au scepticisme. Le débat de la connaissance est encore entre le dogmatisme, le scepticisme et le probabilisme.

Le dogme est un énoncé de la foi qui ne peut être remis en cause. Mais il est exprimé par les croyants pour mettre en commun leur expérience de Dieu. Il permet d’énoncer clairement la foi de l’Église sans compromission. Le  dogme  permet de balbutier une parole hésitante dans la langue d’une époque et la culture d’un lieu. Il clôt une réflexion sur une question donnée, ou sur des hérésies conçues comme erreur de la foi.