« Qui suis-je? » Louis XIV PDF

Elle signe non seulement la mort et la fin d’un règne personnel de 54 ans, mais surtout un changement de main, avec la lutte de succession qui s’ensuivit au Parlement de Paris, au profit de son neveu Philippe d’Orléans nommé régent du royaume. Comme le rituel l’impose, Louis XIV meurt dans « Qui suis-je? » Louis XIV PDF chambre du roi de Versailles.


Enfant traumatisé par la Fronde, Louis XIV adulte s empara du pouvoir et l asservit méthodiquement au rayonnement de son personnage: le Roi-Soleil. «Le métier de roi est grand, noble et délicieux […] », observa-t-il, mais sous certaines conditions qu il détaillera à son petit-fils devenu roi d Espagne: «Ne vous laissez pas gouverner ; soyez le maître ; n’ayez jamais de favoris ni de premier ministre ; écoutez, consultez votre conseil, mais décidez. Dieu, qui vous a fait roi, vous donnera les lumières qui vous sont nécessaires tant que vous aurez de bonnes intentions.» Entouré de collaborateurs exceptionnels, Louis XIV engloutit les impôts des Français dans les bâtiments et les guerres, tout en portant à haut niveau l administration, les sciences et la culture. Molière, Racine, Boileau, La Fontaine, La Bruyère, Mme de Sévigné, La Rochefoucauld, Saint-Simon, Bossuet, Fénelon… Nulle époque ne vit plus forte concentration de plumes prestigieuses. Bien que s imposant comme modèle à l Europe, Louis XIV mourut détesté et son corps fut convoyé de nuit vers la crypte des rois de France à Saint-Denis. Mais son demi-siècle de règne personnel, appelé généreusement le Grand Siècle, demeure un éblouissement que symbolise Versailles. Il n est pas d année sans que Louis XIV n inspire la recherche historique, la littérature, le cinéma, la télévision, des expositions dans son palais emblématique, y compris d art le plus contemporain, au risque, pour les Jeff Koons, Takashi Murakami et autres Joana Vasconcelos, de susciter des polémiques médiatiques sur la compatibilité du XVIIe siècle classique et de l avant-garde du XXIe siècle. La gloire continue!

Le 9 août 1715, au retour de Marly, le roi apparaît brusquement très abattu. Le 10, il se plaint d’une douleur à la jambe gauche que son premier médecin Fagon diagnostique deux jours plus tard : il attribue la douleur à une sciatique et préconise une médecine. Le roi souhaite l’amputation mais ses médecins, vu son âge et la progression de la maladie, lui font comprendre qu’elle ne servirait à rien. La seconde phase est la mort curiale : toute la cour défile devant son lit. 5 ans et demi : le 26, après avoir pris son dîner au lit, qu’il ne quitte plus, il fait entrer le dauphin. Il lui adresse un discours dont les termes diffèrent selon que l’on se rapporte au marquis de Dangeau ou à Saint-Simon. Le samedi 31, la nuit et la journée sont détestables.

Il n’a que de rares instants de connaissance. La gangrène gagne le genou et toute la cuisse. On lui donne du remède que sa belle-fille, la duchesse du Maine, a apporté et qui est excellent pour la petite vérole. 8 h 15 du matin, entouré de ses courtisans, après cette agonie de plusieurs jours. Dimanche 1r sept a 8 h. L’armoire des cœurs royaux du caveau des Bourbon.

Le rituel veut qu’il se déroule la nuit mais selon une légende tenace, ce cortège funèbre se serait fait en catimini afin d’éviter qu’il ne soit l’objet de railleries de la part de la population. De sang qu’il n’avait qu’une livre. La messe de funérailles y est prononcée le 23 octobre par le cardinal de Rohan alors que des cérémonies sont aussi organisées ailleurs en France et à l’étranger. Ses entrailles sont placées à Notre-Dame de Paris.