Rencontres avec Jean-Marie Straub et Danièle Huillet PDF

Cette page est en semi-protection longue. Si ce rencontres avec Jean-Marie Straub et Danièle Huillet PDF n’est plus pertinent, retirez-le. Johann Sebastian Bach a été un virtuose de plusieurs instruments, le violon et l’alto, mais surtout le clavecin et l’orgue.


Il faut apprivoiser les espaces avant de les filmer. Fritz Lang disait qu’un cinéaste devrait être un peu architecte ; lui, il avait étudié l’architecture. Et un cinéaste devrait aussi être un peu arpenteur. Les gens ne savent plus filmer une plaine ou une colline. Parce qu’ils ne savent pas où se mettre, ils filment n’importe comment. Pour filmer un village, il faut savoir exactement où l’on se trouve, il faut savoir où est le clocher de l’église, où est la mairie, où est le château d’eau, comment le village est construit, comment il se situe dans une vallée ; il faut tourner autour pendant un certain temps avant de trouver, pour employer un vocabulaire militaire, un point stratégiquement juste. Il n’y en a pas beaucoup. Quand on fait le tour de la question plusieurs fois, en y retournant pendant quelques mois, on s’aperçoit qu’il y en a un seul, en général, mais il faut le trouver.

Ses contemporains l’ont souvent considéré comme un musicien austère, trop savant et moins tourné vers l’avenir que certains de ses collègues. Il a formé de nombreux élèves et transmis son savoir à plusieurs fils musiciens pour lesquels il a composé quantité de pièces à vocation didactique, ne laissant cependant aucun écrit ou traité. De fait, cette famille exerçait une sorte de monopole sur toute la musique pratiquée dans la région : ses membres étaient musiciens de ville, de cour, d’église, cantors, facteurs d’instruments, dominant la vie musicale de toutes les villes de la région, notamment Erfurt, Arnstadt, etc. L’ancêtre Veit Bach, que quatre générations séparent de Johann Sebastian, aurait été meunier, boulanger et joueur de cithare. Johann Ambrosius Bach, le père de J.

Le parcours de Bach de ville en ville, de sa naissance à la mort. Dans cette ville, Jean-Sébastien Bach fréquente le lycée, acquérant une culture plus approfondie que ses aïeux. Il a pour camarades de classe l’un de ses cousins, Johann Ernst Bach et un ami fidèle, Georg Erdmann. Johann Christoph poursuit son éducation musicale et le forme aux instruments à clavier. Le trait le plus saillant de Jean-Sébastien enfant est sa puissante autonomie. Il dévore ce qui lui paraît bon.

Le 19 janvier 1700, doté d’une bourse, Georg Erdmann quitte Ohrdruf pour le pensionnat Saint Michel de Lunebourg. Jean-Sébastien Bach le rejoint, parcourant à pied une distance de plus de 300 km : le désir de retrouver son ami et d’alléger la charge de son entretien par l’aîné, qui est marié et père de famille, le décide probablement à ce changement décisif. Il est admis, avec son ami, dans la manécanterie de la Michaelisschule qui accueille les jeunes garçons pauvres ayant une belle voix. Après la mue de sa voix, il se tourne vers la pratique instrumentale : orgue, clavecin et violon. En 1701, il se rend à Hambourg et y rencontre Johann Adam Reinken et Vincent Lübeck, deux grands virtuoses titulaires des plus belles orgues de l’Allemagne du nord.

En janvier 1703, fraîchement diplômé, Bach prend un poste de musicien de cour dans la chapelle du duc Jean-Ernest III de Saxe-Weimar à Weimar, grande ville de Thuringe. Il est invité à inspecter et inaugurer le nouvel orgue de l’église de Saint-Boniface d’Arnstadt, au sud-ouest de Weimar. La famille de Bach avait toujours entretenu des relations étroites dans cette ville, la plus ancienne de Thuringe. Mais cette période n’est pas sans tensions : il n’est apparemment pas satisfait du chœur.