Sur les Marches d’Oort PDF

Alexandra David-Néel en costume de lama en 1933. Alexandra David, en 1886, le jour de sa présentation à la Cour de Belgique, devant le roi Léopold II et la reine Marie-Henriette. Pastel par Félix Régamey figurant la cérémonie bouddhique tibétaine au musée Guimet présidée par Agvan Dorjiev à laquelle elle assiste avec Georges Clemenceau le 27 juin 1898. Louis et Alexandrine s’étaient rencontrés en Belgique où le maître d’école et éditeur d’une revue républicaine s’sur les Marches d’Oort PDF exilé lorsque Louis-Napoléon Bonaparte était devenu empereur.


Les ténèbres règnent aux frontières du système solaire. Sur les marches d’Oort, un sculpteur de matière-vie est hanté par le souvenir de sa défunte épouse. Son ambition ? Redonner vie à son amour par la magie de son art. Ce qu’il ne sait pas, c’est que sa fille a élevé une prière aux forces tapies dans l’ombre. Or, on ne réveille pas Gaoden, le dieu des morts, sans devoir en payer le prix fort…

De sa plume sensible et élégante, Émilie Querbalec revisite les classiques de la littérature fantastique japonaise en nous transportant dans un univers onirique teinté de science-fiction. Ses descriptions vivantes nous ouvrent les portes sur ces mondes flottants où se mêlent désenchantements et espoirs.

Entre l’époux, désargenté, et l’épouse, qui n’hériterait de son père qu’à la mort de celui-ci, les motifs de désaccord croissent avec la naissance d’Alexandra. 15 ans, passant ses vacances avec ses parents à Ostende, elle fugue et gagne le port de Flessingue en Hollande pour essayer d’embarquer vers l’Angleterre. Selon Raymond Brodeur, en 1889, à 21 ans, elle se convertit au bouddhisme, notant la chose dans son journal intime, paru en 1986 sous le titre de La Lampe de sagesse. Son intérêt pour ce musée remonte à son inauguration le 20 novembre 1889. De 1897 à 1900, elle partage, à Paris, la vie du pianiste Jean Haustont, avec qui elle écrit Lidia, drame lyrique en un acte dont Haustont compose la musique et Alexandra le livret.

Pour autant, les deux époux entamèrent, après cette séparation, une abondante correspondance qui ne cessera qu’avec la mort de Philippe Néel, le 8 février 1941. Elle possède, à son mariage, un capital personnel de 77 696 F de l’époque. Par le truchement des ambassades, elle envoie à son mari des procurations pour qu’il gère son portefeuille. Alexandra David-Néel arrive au Sikkim en 1912.

Sidkéong, alors chef spirituel du Sikkim, est envoyé à la rencontre d’Alexandra David-Néel par son père, le Maharaja du Sikkim, prévenu de son arrivée en avril 1912 par le résident britannique à Gangtok. Le Lama Kazi Dawa Samdup accompagne Alexandra David-Néel à Kalimpong, où elle se rend pour rencontrer le 13e dalaï-lama en exil. Lachen, elle vit plusieurs années auprès d’un des plus grands gomchens dont elle a le privilège de recevoir l’enseignement et, surtout, elle est tout près de la frontière tibétaine, qu’envers et contre tous elle franchit à deux reprises. Dans sa caverne d’anachorète, elle s’exerce aux méthodes des yogis tibétains. Elle fait parfois tsam, c’est-à-dire fait retraite plusieurs jours durant sans voir personne, elle apprend la technique du toumo, qui permet de mobiliser son énergie interne pour produire de la chaleur.

Alors qu’elle est en compagnie de Lachen Gomchen Rinpoché, Alexandra David-Néel retrouve à Lachen le 29 mai 1912 Sidkéong en tournée d’inspection. Il existe une correspondance épistolaire entre Sidkéong et Alexandra David-Néel. Ainsi, dans une lettre de Sidkéong écrite à Gangtok le 8 octobre 1912, il la remercie de la méthode de méditation qu’elle lui a envoyée. Dans une autre lettre, Sidkéong informe Alexandra David-Néel qu’en mars 1913, il a pu adhérer à la franc-maçonnerie à Calcutta, où il a été reçu compagnon, muni d’une lettre d’introduction du gouverneur du Bengale, un lien supplémentaire entre eux. Vers la mi-novembre 1912, elle visite le Népal, et se rend en pèlerinage sur le lieu de naissance du Bouddha à Lumbini le 10 janvier 1913. Le lendemain, elle va chercher en vain les ruines du village de son enfance à Kapilavastu. Le 10 février 1914, le Maharaja meurt, et Sidkéong lui succède.

Le 13 juillet 1916, sans demander la permission à quiconque, Alexandra David-Néel part pour le Tibet en compagnie de Yongden et d’un moine. Le 15 août, elle est reçue par un lama à Tranglung. Comme il leur est impossible de rentrer en Europe en pleine guerre mondiale, Alexandra et Yongden quittent le Sikkim pour l’Inde puis le Japon. Alexandra David-Néel en pèlerine-mendiante tibétaine portant sur le dos ses bagages, l’unique marmite composant toute sa batterie de cuisine et un soufflet tibétain fait d’une peau de chèvre pourvue d’un long tuyau, ustensile indispensable pour allumer le feu de bouse de yacks. C’est dans ce déguisement qu’elle réussit à pénétrer à Lhassa. Déguisés respectivement en mendiante et en moine et portant un sac à dos le plus discret possible, Alexandra et Yongden partent ensuite pour la ville interdite. Pour ne pas trahir sa qualité d’étrangère, Alexandra n’ose pas emporter d’appareil photo, de matériel de relevé, elle cache toutefois sous ses haillons une boussole, un pistolet et une bourse avec l’argent d’une éventuelle rançon.

Alors que dans Voyages d’une Parisienne à Lhassa, elle décrira en exultant son entrée à Lhassa et sa visite du Potala, dans une lettre adressée à son mari et datée du 28 février 1924, elle déclare qu’elle n’avait aucune curiosité au sujet de Lhassa :  J’y suis allée parce que la ville se trouvait sur ma route et aussi parce que c’était une plaisanterie très parisienne à faire à ceux qui en interdisent l’entrée. Tsarong Shapé, le gouverneur de Lhassa. Le temps que ce dernier intervienne, Alexandra et Yongden ont déjà quitté Lhassa pour Gyantsé. En mai 1924, l’exploratrice, exténuée,  sans argent et en haillons , est hébergée, ainsi que son compagnon, chez les Macdonald pendant une quinzaine de jours. Havre le 10 mai 1925, elle peut mesurer l’extraordinaire célébrité que lui vaut son audace. Elle prétend également que les parents d’Alexandra étaient de modestes commerçants juifs et qu’on parlait yiddish à la maison.