Tamerlan (Biographies Historiques) PDF

Asie centrale et occidentale, fondateur de la dynastie des Timourides qui a existé jusqu’en 1507. Tamerlan se révéla un redoutable chef de guerre, bâtissant un immense empire reposant sur la tamerlan (Biographies Historiques) PDF militaire et sur la terreur. Lors de ses conquêtes, il n’hésita pas à massacrer la totalité de la population des villes qui lui avaient résisté, à l’exception des artisans qu’il déporta à Samarcande, sa capitale. C’est à ce titre qu’il se montra aussi protecteur des arts et des lettres qui firent la grandeur de Samarcande.


Tamerlan a laissé dans l’histoire un souvenir qui rivalise presque avec celui de Gengis Khan et qui est plus précis parce que moins lointain. Ce Mongol turquisé régna trente-cinq ans, de 1370 à 1404, à Samarkand, et mena inlassablement des campagnes militaires, toutes victorieuses, qui le conduisent de Delhi à la mer Egée, de Damas au Turkestan chinois. Entreprises au nom de la guerre sainte musulmane, par un étrange paradoxe, elles eurent pour résultat essentiel la ruine ou l’affaiblissement des plus grandes puissances de l’Islam.

Il y a un mystère Tamerlan et même un véritable mythe, né sans doute de ses retentissants succès et aussi de la complexité du personnage. Imprégné des traditions païennes de l’Asie centrale, il se posait en musulman fervent. Boiteux, infirme du bras et de la main, il avait une énergie et une résistance physiques sans égales. Ne pouvant supporter qu’on évoquât devant lui les horreurs de la guerre, il laissait publier, souvent avec une exagération manifeste, le récit de ses innombrables meurtres, et faisait édifier, partout où il allait, des minarets de crânes. Destructeur de villes millénaires, il construisait en même temps dans sa capitale les plus somptueux édifices et jetait les fondements de la Renaissance timouride, l’un des plus beaux fleurons de la civilisation musulmane.

Son époque fut, comme lui-même, au confluent de deux cultures _ celle de l’Asie centrale, chamaniste et nomade, et celle de l’Iran, musulmane et sédentaire. Avec ses incroyables raids équestres s’achève le temps où les cavaliers armés d’arcs et de flèches imposaient leur loi dans toute l’Eurasie.

Jean-Paul Roux, directeur de recherche au CNRS, professeur à l’Ecole du Louvre, a publié de nombreux livres, dont La Religion des Turcs et des Mongols, Histoire des Turcs, Les Explorateurs au Moyen Age, Babur, Le Sang, mythes, symboles et réalités, Jésus, Histoire de l’Empire mongol.

Ouzbeks de la dynastie des Chaybanides. Reconstitution du drapeau de Tamerlan d’après l’atlas catalan contemporain. Les trois besants sont des symboles de paix. Timour Le nom de naissance de Tamerlan est Timour. Ce nom de Timour peut être rapproché du nom de naissance de Gengis Khan, Temüdjin.

Le suédois a une transcription plus proche de l’original : Timur Lenk. Il est communément admis que Tamerlan est né le 8 avril 1336, à Kech, un village près de Shahrisabz. Toutefois, ses apologistes lui attribuent un destin d’exception bien avant sa naissance. En effet, son père, Taragaï, vieux chef turc, fervent musulman, à la tête du clan Barlas, qui attendait un héritier, aurait eu un rêve prémonitoire. Il est également dit que l’enfant serait né les mains pleines de sang, rappelant ainsi la naissance de Gengis Khan, telle qu’elle est contée dans l’Histoire secrète des Mongols. Son père, Taragay, était à la tête des tribus Barlas. Il était l’arrière-petit-fils de Karachar Noyan et se distingua parmi les autres membres de son clan comme étant le premier à se convertir à l’islam.

Sous la gouverne paternelle, l’éducation du jeune Tamerlan faisait de lui à la fois un adepte des exercices virils en extérieur et un lecteur attentif du Coran. Timur rejoint le service de Kazghan, un Turc qui a assassiné le dernier khan djaghataïde Qazan. Montant vite en grade, il devient chef militaire sous ses ordres. Toutefois, l’assassinat de Kazghan en 1357 retarde ses rêves d’ascension. Réagissant à la mort de l’émir, le khan du Mogholistan, Tughluk Temür envahit la Transoxiane et tente la réunification du khanat de Djaghataï.