Théories du multiculturalisme PDF

En général, les principaux auteurs du courant de pensée afrocentriste préfèrent le terme d’ afrocentricité  à celui d’ afrocentrisme . Théophile Obenga, les spécialistes  étrangers  des études africaines. Des publications comme The Crisis ou le Journal of Negro History entendaient lutter contre l’idée – dominante à l’époque en Occident – selon laquelle l’Afrique n’théories du multiculturalisme PDF rien apporté dans l’histoire de l’humanité qui ne soit la conséquence d’incursions européennes ou arabes. Ces revues affirmèrent le caractère fondamentalement noir de l’Égypte ancienne et étudièrent l’histoire de l’Afrique noire précoloniale.


Le temps est révolu où l’on pouvait croire que la démocratie ne peut se réaliser que dans le cadre d’un État-nation, superposant sur un territoire, un peuple, une langue, une culture et une religion, transcendante ou séculière. La tâche prioritaire est désormais de penser les modalités plausibles de la coexistence au sein d’un même État et entre États de traditions culturelles diverses, traversant les frontières politiques.
Sur ce point décisif, le débat reste en France piégé par l’opposition rituelle entre républicanisme et communautarisme. D’où l’importance de ce livre du philosophe Francesco Fistetti, qui élargit considérablement la réflexion en exposant ce qui s’argumente ailleurs sur ce thème, à travers les Cultural Studies, Subaltern Studies, Postcolonial Studies et autres travaux mal connus en France. L’auteur en offre ici, entre philosophie et sciences sociales, une synthèse rigoureuse et pédagogique. Il montre comment cette aventure intellectuelle radicale peut frayer la voie à une redéfinition originale des notions d’identité, de culture, de nation ou de citoyenneté et, par là, à une intelligence renouvelée de la démocratie elle-même.
Dans le sillage de ces courants, mais aussi des travaux de Gramsci et de Arendt, la condition multiculturelle bien comprise prend alors un tout autre visage : celui d’une forme de vivre-ensemble où la différence culturelle et le conflit, loin d’être la cause de confrontations violentes, viendraient alimenter une spirale vertueuse, fondée sur la liberté de se  » donner  » et de se reconnaître mutuellement. Bref, une démocratie résolument multiculturelle, mais débarrassée de tout irénisme.

James Mona Georges, un disciple de Marcus Garvey, insistait sur l’importance de l’Éthiopie en tant que grande civilisation noire, et affirmait que les  Noirs  devaient apprendre à être fiers de leur histoire. Selon cet auteur, la philosophie grecque aurait été  volée  à l’Égypte ancienne, dont les traditions se seraient développées sur des bases culturelles africaines. James ne voit dans les ouvrages d’Aristote et des autres philosophes grecs que des résumés très limités de la sagesse égyptienne. Diop parvenait à des conclusions similaires à celles de James Georges, notamment sur la négritude des anciens Égyptiens, en mobilisant des moyens épistémologiques différents : des comparaisons linguistiques et socio-culturelles entre l’Égypte et les civilisations  négro-africaines , des tests de mélanine et des analyses de l’iconographie égyptienne.

En français, le terme africanisme se réfère aux études scientifiques portant sur l’Afrique et ses habitants, essentiellement durant la période coloniale. Certains des travaux réalisés durant l’époque coloniale ont été réfutés par la science contemporaine comme étant de la pseudoscience, répondant avant tout aux besoins des colonisateurs de justifier leur domination sur le continent africain. Dans l’espace francophone, une des premières personnes à mettre en lumière les préjugés idéologiques de l’africanisme est Cheikh Anta Diop. En effet, s’il faut en croire les ouvrages occidentaux, c’est en vain qu’on chercherait jusqu’au cœur de la forêt tropicale, une seule civilisation qui, en dernière analyse, serait l’œuvre de Nègres.

Certains critiques afrocentristes de l’africanisme ne se contentent pas de critiquer la scientificité de telle ou telle étude réalisée durant la période coloniale. C’est notamment la position de Asante Kete Molefi pour qui ce qu’on entend communément par africanisme, c’est en réalité l’étude de l’Afrique d’un point de vue européen. UNE culture africaine unique, présente autant chez les Afro-Américains, les Africains sub-sahariens, les Noirs du Brésil, les Antillais etc. Cheikh Anta Diop rendit l’Égypte à l’Afrique et l’Afrique à l’histoire, rupture épistémologique préparée, de Thomas Blyden aux États-Unis à Anthénor Firmin en Haïti, par mille travaux souvent mal argumentés mais ébranlant la vieille problématique coloniale qui sous-tendait l’herméneutique classique de l’égyptologie, l’interprétation des historiens et la formation des esprits. La théorie d’une  Égypte nègre  ne se réduit pas aux seules considérations chromatiques, ou d’anthropologie physique. Elle mobilise également des arguments d’anthropologie culturelle, religieuse, politique, mais aussi la linguistique historique ou encore la biologie moléculaire.

Un fait demeure cependant : la permanence en Égypte et en Nubie d’un certain type physique qu’il serait vain de qualifier de  race , car il varie légèrement selon que l’on considère la Basse ou la Haute-Égypte. On nous montra aussi la demeure de Platon et d’Eudoxe : car Eudoxe avait accompagné Platon jusqu’ici. En outre, Obenga ajoute que dans sa vaste œuvre, Platon évoque fréquemment l’Égypte, notamment en rapportant des informations inédites chez ses prédécesseurs. Athénien de son temps pouvait savoir ou croire. L’opinion selon laquelle le mythe de l’Atlantide serait une fiction ne fait pas l’unanimité. Ce nom de Thoutmès a été rapproché par Théophile Obenga au  Thamous de Platon .

Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. En somme, à travers l’afrocentrisme, l’Africain d’où qu’il soit réapprendrait, selon lui, à se connaître soi-même, jusqu’à mobiliser des moyens  scientifiques  dans ce but, pour ensuite penser et agir en fonction de cette connaissance de soi enracinée dans son histoire. L’afrocentricisme politique est une démarche épistémologique voulant poser les problèmes politiques de l’Afrique d’un point de vue africain, et à envisager des solutions théoriques ou pratiques à ces problèmes à partir de l’expérience politique de l’Afrique. Hegel pensait que l’Afrique n’avait pas d’histoire. 6000 ans d’histoire politique africaine qui matérialisent l’une des plus anciennes et des plus foisonnantes traditions politiques.

Walter Rodney, originaire de Guayana, ou Marcus Garvey de la Jamaïque. Les Fondements économiques et culturels d’un État fédéral d’Afrique Noire, publié en 1960, l’année où de nombreux territoires africains sub-sahariens sous domination française accédaient à l’indépendance politique. Depuis lors, d’autres nombreuses recherches ont suivi. En d’autres termes, la socialisation serait la conséquence d’un élan collectif de solidarité entre survivants, en vue de surmonter cet événement tragique, radical, qu’est la mort. Or, qui sinon l’aîné peut le mieux assurer les prestations d’intermédiation entre les vivants et leurs morts ? Et par ce même grand âge, l’aîné est le vivant le plus près de la mort, partageant avec elle une intimité quasi-quotidienne, qui le fonde à communiquer avec ceux qu’elle a déjà accueillis.