Tout ne se joue pas avant 3 ans PDF

Pour les enfants : Une vie de chien ? Avant 3 tout ne se joue pas avant 3 ans PDF, l’enfant a besoin de mettre en place ses repères spatiaux, puis temporels.


Existe-t-il des signes prédictifs d’une future délinquance ? Non, répond avec force le Pr Pierre Delion à ceux qui, sous couvert de prévention, tendent à ramener l’enfant à une norme arbitraire. Pour lui, les troubles de la conduite du jeune âge sont des appels à l’aide exprimant une souffrance psychique qui ne parvient pas à se dire. A travers des exemples cliniques, et en retraçant les grandes étapes du développement, il nous aide à en comprendre l’origine et plaide pour une vraie politique de prévention et de prise en charge. Chemin faisant, Pierre Delion apporte un démenti salutaire à ceux qui prétendent que nous ne serions déterminés que par nos gènes et nos premières années. À tel point que, passé l’âge fatidique de 3 ans, le destin d’un enfant serait tout tracé. Rien n’est joué à 3, 6 ou même à 10 ans. Mais beaucoup reste à jouer pourvu que l’on veuille bien entendre ce que les troubles ont à nous dire et prendre en compte la personne humaine.

Les repères dans l’espace se construisent grâce à toutes les interactions avec l’environnement qui implique tous ses sens : la vue, l’odorat, le goût, l’ouïe et le toucher. Les repères temporels se mettent en place à travers les histoires qu’on lui raconte et les livres qu’il feuillette. En effet de nombreuses recherches démontrent et confirment aujourd’hui les dangers des écrans particulièrement pour les enfants de moins de 3 ans. Le bébé se développe en mettant en bouche, regardant, touchant, manipulant, jetant, courant, expérimentant, jouant A travers ces activités, il développe sa motricité fine, ses repères dans l’espace à trois dimensions et sa capacité à interagir avec ce qui l’entoure.

Il a besoin d’activités engageant ses dix doigts et l’ensemble de son corps. Les écrans allumés accaparent toute son attention et risquent de le rendre agité, de nuire à sa concentration. La télévision ne peut, en aucun cas, remplacer l’interaction émotionnelle et affective avec l’entourage. La télévision, même spécifique au bébé et même en présence d’un adulte, ne favorise pas ce type d’interaction car aucune parole n’est vraiment adressée au bébé. Le bébé a également besoin qu’on lui raconte des histoires, de feuilleter des livres d’images pour installer les notions d’avant, pendant et après.

Face à l’écran, l’enfant est passif : il n’a pas le sentiment de pouvoir agir sur le monde. Or, pour son développement, le bébé doit être acteur et sentir très tôt sa possibilité d’agir sur ce qui l’entoure. C’est ce qu’il fait quand il manipule de petits objets autour de lui et quand il est en relation avec ses proches. L’enfant doit peu à peu apprendre à faire face à l’absence, au vide, à l’ennui. Cela lui permettra plus tard de ne pas être dans une activité incessante, une avidité de consommation. En se réfugiant dans la consommation des écrans, l’enfant évite d’affronter les angoisses de séparation ou les sentiments de frustration.

Cela risque de l’entraîner dans une pseudo-satisfaction qui ne l’apaisera jamais car le manque est interne et ne sera jamais comblé par un objet extérieur. Soumis aux écrans, le jeune enfant devient captif du rythme très rapide des images, des couleurs, des sons. Cet environnement est d’une intensité largement supérieure aux stimulations habituelles de la vie quotidienne d’un bébé. Il risque alors d’intégrer cette excitation comme ingrédient nécessaire dans sa personnalité en formation. Les dangers des écrans De nombreux travaux montrent que l’enfant de moins de 3 ans ne gagne rien à la fréquentation des écrans. Les premières études dans ce domaine ont porté sur la prise de poids, puis sur le langage .

Le bain linguistique réel, avec des enjeux émotionnels de communication, est incontestablement plus riche qu’une exposition à un écran. Ces dangers sont également démontrés pour l’enfant qui joue dans une pièce où la télévision est allumée sans qu’il la regarde . Enfin, l’étude la plus récente a montré que les dommages liés à une consommation télévisuelle importante dans les premières années subsistent à l’âge de 10 ans . Signalons encore que le temps passé par les bébés devant la télé, y compris les programmes des chaînes qui leur sont spécialement dédiées, les éloigne de la seule activité vraiment utile à leur âge : interagir spontanément avec leur environnement grâce à leurs cinq sens. Jouer, toucher, manipuler les objets, se familiariser avec l’espace en trois dimensions est fondamental pour leur développement. L’enfant à cet âge a besoin de se percevoir comme acteur. Les repères dans l’espace se construisent grâce à toutes les interactions avec l’environnement qui implique tous ses sens et sa motricité : la vue, l’odorat, le goût, l’ouïe et le toucher.

Toutes ces activités quotidiennes doivent être soutenues pour aider l’enfant à grandir. La prévention des usages excessifs des écrans à l’adolescence commence à la Maternelle! Ce que vous aurez obtenu de votre enfant à ce moment-là sera autant de gagné lorsqu’il s’agira de contrôler le temps qu’il passe sur un ordinateur. Soutenez le jeu qui est une activité primordiale pour l’enfant et lui permet de développer sa créativité et ses capacités intellectuelles ainsi que l’acquisition du langage. Le jeu encourage également l’enfant dans ses capacités à être seul et à se confronter à l’ennui, points essentiels à son développement.

Or, tout le temps passé devant les écrans est un temps pendant lequel l’enfant ne joue pas. De plus, l’écran évite à l’enfant à apprendre à s’endormir seul, avec ses propres ressources. Dès la naissance, l’enfant cherche à imiter. S’il vous voit souvent regarder la télévision, il voudra la regarder.

Et s’il vous voit toujours tripoter votre Smartphone, il voudra faire de même. Si vous en utilisez un, pensez à le garder éloigné de votre enfant comme beaucoup d’autres objets de la maison doivent l’être. Que chacun soit rassuré : les bébés qui n’ont pas accès aux tablettes tactiles et smartphone ne prennent aucun retard. Contrairement à ce que défendent les stratégies commerciales qui incitent les parents à mettre très vite leur bébé devant les écrans pour favoriser sa réussite ultérieure. Les tablettes et smartphones sont attirants. Beaucoup de parents s’extasient devant la capacité de leur bébé à empiler des cubes virtuels sur leur téléphone mobile alors qu’il est incapable d’assembler de vrais cubes en bois, activité difficile pour lui!