Tu quitteras ton père et ta mère PDF

Une civilisation qui choisit de fermer les tu quitteras ton père et ta mère PDF à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. Il parait que c’est la constatation que se confient tout bas les stratèges américains.


Cet ouvrage pose la question des fondements psychiques et anthropologiques de la famille. Sur quoi, en effet, se construit la famille ? Est-ce sur l’interdit de l’inceste commun à tous les modèles de société ? Sur le libre choix de son partenaire ? Sur l’élaboration d’une conjugalité plus ou moins affranchie de la reconnaissance légale ? Sur l’expérience d’une parenté, qu’elle soit ou non biologique ? Dans cet essai très accessible, Philippe Julien interroge la famille moderne et les bouleversements dont elle est l’objet. Il fait ainsi émerger les principaux enjeux du débat : pourquoi faut-il quitter son père et sa mère ? Qu’est-ce que devenir parent à son tour ? A quelles conditions la transmission intergénérationnelle peut-elle s’effectuer ?

En soi cela n’est pas grave. Le grave est que « l’Europe » est moralement, spirituellement indéfendable. Et aujourd’hui il se trouve que ce ne sont pas seulement les masses européennes qui incriminent, mais que l’acte d’accusation est proféré sur le plan mondial par des dizaines et des dizaines de millions d’hommes qui, du fond de l’esclavage, s’érigent en juges. On peut tuer en Indochine, torturer à Madagascar, emprisonner en Afrique Noire, sévir aux Antilles.

Les colonisés savent désormais qu’ils ont sur les colonialistes un avantage. Ils savent que leurs « maîtres » provisoires mentent. Donc que leurs maîtres sont faibles. Et puisque aujourd’hui il m’est demandé de parler de la colonisation et de la civilisation, allons droit au mensonge principal à partir duquel prolifèrent tous les autres. La malédiction la plus commune en cette matière est d’être la dupe de bonne foi d’une hypocrisie collective, habile à mal poser les problèmes pour mieux légitimer les odieuses solutions qu’on leur apporte. Cela revient à dire que l’essentiel est ici de voir clair, de penser clair, entendre dangereusement, de répondre clair à l’innocente question initiale : qu’est-ce en son principe que la colonisation ? Mais alors, je pose la question suivante : la colonisation a-t-elle vraiment mis en contact ?

Et alors, un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets. Et c’est là le grand reproche que j’adresse au pseudo-humanisme : d’avoir trop longtemps rapetissé les droits de l’homme, d’en avoir eu, d’en avoir encore une conception étroite et parcellaire, partielle et partiale et, tout compte fait, sordidement raciste. C’est qu’il le mérite : il permet de voir gros et de saisir que la société capitaliste, à son stade actuel, est incapable de fonder un droit des gens, comme elle s’avère impuissante à fonder une morale individuelle. Qu’on le veuille ou non : au bout du cul-de-sac Europe, je veux dire l’Europe d’Adenauer, de Schuman, Bidault et quelques autres, il y a Hitler.

Au bout du capitalisme, désireux de se survivre, il y a Hitler. Et, dès lors, une de ses phrases s’impose à moi : « Nous aspirons, non pas à l’égalité, mais à la domination. Le pays de race étrangère devra redevenir un pays de serfs, de journaliers agricoles ou de travailleurs industriels. Il ne s’agit pas de supprimer les inégalités parmi les hommes, mais de les amplifier et d’en faire une loi. Cela sonne net, hautain, brutal, et nous installe en pleine sauvagerie hurlante.