Un catéchisme au goût de liberté PDF

Plus précisément, mentir consiste à déguiser sa pensée dans un catéchisme au goût de liberté PDF’intention de tromper. L’opposition  vérité  et  mensonge  est courante.


N’est-ce pas un paradoxe de mettre ensemble catéchisme et liberté ? Le catéchisme évoque ce qu’il faut croire, tandis que la liberté fait appel à la responsabilité personnelle. Nous vivons une époque où il y a une perte de contrôle des religions. Avec les avancées de la modernité, les vérités transmises, prescrites ne s’imposent plus. Nous sommes témoins de la fin d’un monde et nécessairement de celle d’une Eglise. Témoins aussi de la naissance d’un autre monde et de l’émergence d’une Eglise passionnante où l’important est d’être en chemin.

La vérité étant une notion parfois difficile à définir de manière absolue, la notion de mensonge est elle-même floue. Le mensonge joyeux, énoncé pour plaisanter ou se moquer quelque peu. Il est distingué toutefois lui-même de la simple plaisanterie de circonstance où les deux parties sont de connivence sans ambiguïté sur le fait que l’information mentionnée est fictive : morale comme religion cessent dès lors d’être concernées. Le mensonge officieux, que l’on énonce pour rendre service à autrui ou à soi-même. Ce mensonge est alors considéré comme plus ou moins grave, selon ce dont il s’agit et en fonction des circonstances qui l’accompagnent. Le mensonge pernicieux, qui a non seulement l’effet, mais le but de nuire à autrui. Ce mensonge parfois nommé par la littérature mensonge malicieux, est naturellement considéré tant par la morale que par la religion comme le plus grave des trois.

Ce point est commun aux cultures occidentale et chinoise. Hubert van Gijseghem rappelle que  si le mensonge est sous le coup de l’opprobre général, c’est bien parce que la tendance à mentir est puissante et universelle, inhérente à la nature humaine. Quels sont les gains personnels ou collectifs qui amènent un humain ou un groupe humain à  profaner l’unique moyen d’échange valable entre les hommes ? Les éthologues ont mis en évidence que les sentiments d’injustice et d’empathie existent chez des mammifères non-humains. Les psychologues découvrent que ces capacités apparaissent précocement chez l’enfant aussi.

Gijseghem rappelle que  dans le subjectivisme moral, l’enfant s’identifie à l’être trompé. Des motivations très diverses, éventuellement inconscientes, justifient ou auto-justifient des mensonges que H. Des chercheurs tentent de mieux comprendre la motivation de certains mensonges en particulier de ceux que l’on jugerait paradoxalement moins immoraux en raison du contexte social. 3 des candidats tendent à  gonfler  leur CV. Le mensonge est typiquement présenté comme un mal.

Dans une relation humaine libre, il n’a pas sa place. Par contre, son utilisation peut être reconnue dans le cas où un individu doit agir pour sa propre survie physique ou psychologique ou, à défaut d’autres moyens, pour s’adapter à un environnement donné. Bernard Stiegler, dans son livre Aimer, s’aimer, nous aimer — du 21 avril au 11 septembre, considère, lui, que le mensonge est la pierre fondatrice des sociétés. La politesse peut toucher dans certains cas au mensonge, ou au moins à une certaine hypocrisie : le  bonjour-au revoir  accompagné parfois d’un sourire feint, les discussions entre voisins que l’on affecte de trouver passionnantes pour ne pas vexer, etc. Les parents demandent souvent aux enfants de ne pas leur mentir.