Un fleuve en 1840, la Loire PDF

Levée de la Loire dans la commune de Saint-Denis-de-l’Hôtel. La levée de la Loire désigne une digue construite en bord de Loire en vue de protéger les vals des crues du fleuve. Elles ont pour objet de contenir les flots et éviter les un fleuve en 1840, la Loire PDF. Avec Colbert, l’idée est de parvenir à un système de protection insubmersible.


Mais les crues de 1846, 1856 et 1866 montrent l’impossibilité d’atteindre les buts visés. La construction de déversoirs ayant pour objet de permettre l’expansion de la crue dans des espaces réservés à cet effet est alors programmée. Mais seuls quelques-uns de ces ouvrages seront construits. Un service des turcies et des levées a été chargé pendant plusieurs siècles de la construction et de l’entretien de levées. Mais après la Révolution française, par excès de confiance, ce service est démantelé au profit d’un service de navigation de la Loire. Plusieurs mécanismes peuvent conduire à la rupture d’une levée : l’érosion de surface par  surverse , l’érosion externe par affouillement, l’érosion interne par effet de renard hydraulique ou le glissement de talus. Levée de la Loire à sa confluence avec la Vienne.

Très tôt le besoin de défendre les terrains cultivés et habités contre les inondations fit construire des petites digues connues sous le nom de turcies. Angleterre et comte d’Anjou, fait construire une digue longue de trente milles environ, édifie des maisons pour loger des hommes chargés de leur entretien, qu’il exempte du service militaire et de certains droits fiscaux. Ses successeurs suivent son exemple, sous l’impression sans doute des désastres causés par de nouvelles inondations, désastres que rendaient de plus en plus onéreux le développement de la richesse agricole de la vallée et l’accroissement de la population riveraine. Presque partout, et notamment au-dessous de Gien, ces levées sont établies de manière à servir en même temps de grands chemins et à mettre ainsi, autant que possible, la circulation à l’abri de toute interruption par les crues. Après un hiver d’une extrême rigueur, une débâcle terrible survient en mars et détruit en plusieurs endroits les levées.

23 octobre 1608, constate les dégâts en réclamant des secours pour les inondés. La réparation de ces ruines fut comprise dans les dépenses de l’année 1609. Les effets dévastateurs de la crue de novembre 1629, dont la hauteur dépasse celle des levées et qui ensable beaucoup de terrains, font date dans la manière d’appréhender l’amélioration du système d’endiguement par le pouvoir royal. Sur le modèle de celui de Blois, dont la première mention connue date de 1584, six déchargeoirs sont prévus, un pour chacun des principaux vals entre Ouzouer-sur-Loire et Saumur.

Il est même envisagé la destruction de certaines levées pour la sécurité du val. 1679, les digues d’Amboise sont exhaussées. Colbert prescrit de continuer activement et tous les ans de semblables ouvrages : il les recommande à plusieurs reprises  afin que, quelque hauteur que les eaux puissent atteindre pendant l’hiver, l’eau ne passe point par dessus les levées et ne les puisse endommager . La hauteur plus grande des levées amplifie la puissance des crues. Enfin, le maire d’Orléans, le nommé Fontaine, se plaint que le régime des eaux a pu être modifié par des aménagements exécutés sur le cours supérieur du fleuve pour faciliter l’exportation des houilles de la région de Saint-Étienne. Mais la crue de mai 1733 occasionne de nouveaux dégâts et les déchargeoirs eux-mêmes ne résistent pas. Fortement décriés par les populations locales et ne faisant pas l’unanimité chez les ingénieurs dont le plus important, l’ingénieur des Turcies et Levées Louis de Règemorte : le principe des déchargeoirs est donc abandonné.

Les digues, surélevées de deux mètres, marquent le paysage et constituent une coupure entre le val et le fleuve. Le prolongement des levées vers l’aval vient souvent compenser l’aggravation des inondations par débordement au point d’interruption des ouvrages. L’allongement des levées a également pour conséquence l’éloignement des embouchures des cours d’eau drainant les vals, les ingénieurs préférant cette solution à l’aménagement d’un ouvrage anti-retour sous la digue. C’est aussi le moyen de permettre l’assèchement de terres humides et leur valorisation : la terre. Après la Révolution, on pense que la protection des vals est assurée et la préoccupation du pouvoir est plutôt la survie de la navigation de Loire. Le débit et les caprices du fleuve sont des freins au développement de cette navigation, de plus en plus concurrencée par le chemin de fer.

L’amélioration du mouillage est ainsi étudiée, particulièrement en aval d’Orléans, pour permettre le développement de la navigation à vapeur. Mais cette confiance va être abattue par les trois crues catastrophiques de 1846, 1856 et 1866. La crue des 21, 22 et 23 octobre 1846 rappelle à tous que les levées ne sont pas indestructibles. Vue du Val de Loire le 22 octobre 1846.

Orléans, le niveau de l’eau monte de 3,10 m en 14 heures, passant d’une cote de 3,50 m à 8 h du matin à 6,60 m à 10 h du soir. C’est alors que la levée de Sandillon se rompt sur une longueur de 400 mètres. Avec la disparition du service des turcies et des levées, les ingénieurs des ponts et chaussées sont désemparés et impuissants. Brèche dans la levée de St-Pryvé-St-Mesmin le 3 juin 1856. Elle détruit les ponts de Fourchambault, Cosne-sur-Loire et Sully-sur-Loire. Le fleuve submerge 98 km de voies ferrées. L’administration prend conscience des erreurs du passé et l’ingénieur Guillaume Comoy est chargé de la direction d’études préalables à un plan de défense contre les crues de la Loire.

Il démontre les effets pervers de l’endiguement excessif qui augmente le débit maximum. La construction de déversoirs paraît difficile car les vals sont habités, la préférence de Comoy va ainsi aux retenues amont, technique que l’on commence à maîtriser. La nouvelle crue de septembre 1866 précipite les décisions. Cette crue ressemble à la précédente, et elle provoque de très importantes destructions sur une majeure partie de la vallée de la Loire, en particulier au niveau d’Orléans où le village de Jargeau est dévasté. Loire et le coteau sud du Cher.