Université Laval 1952-1977 Vers l Autonomie PDF

Commerce sur la place Jacques-Cartier en 1940. De 1929 à 1939, le Québec a fait l’expérience, à l’exemple des université Laval 1952-1977 Vers l Autonomie PDF pays du monde, de la pire crise économique des temps modernes. Ce n’est qu’avec le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale que l’économie québécoise retrouve la prospérité et atteint même le plein emploi.


De 1940 à 1956, le Québec va faire l’expérience d’une croissance économique comme il n’en avait jamais connue. Par la suite, l’économie oscillera au rythme habituel des cycles de quatre ans. 1960, le phénomène le plus marquant a trait à l’implication directe du gouvernement du Québec au niveau de l’activité économique de la province. Le deuxième gouvernement de Maurice Duplessis s’échelonne de 1944 à 1959.

De 1939 à 1944, le gouvernement d’Adélard Godbout va se distinguer de ses prédécesseurs en mettant de l’avant certaines politiques d’avant-garde. De 1944 à 1959, Duplessis va diriger la province comme s’il s’agissait d’une affaire personnelle. Il faut aussi insister sur le patronage qui, dans un contexte où la prospérité économique ne rejoint pas les campagnes, aurait joué un rôle déterminant, sorte de ministère de l’expansion économique régionale avant la lettre pour les comtés qui votaient du  bon bord . Malgré tout ce que l’on a pu lui reprocher à ce sujet, il semble que Duplessis n’ait fait que reprendre une tradition qui existait bien avant lui. Par contre, à l’heure où le fédéral ouvrait à ses universitaires la porte de sa fonction publique, leur donnant ainsi accès à plus de pouvoir politique et à un rôle de premier plan, Duplessis a toujours refusé d’emboîter le pas. Cette attitude anachronique n’a pas manqué de nourrir les passions et d’attiser les fureurs de la nouvelle intelligentsia québécoise contre Duplessis.

Il est d’ailleurs significatif de constater que la lutte que Duplessis a menée contre les visées centralisatrices du gouvernement fédéral ait été présentée par cette intelligentsia des années 1950 comme étant essentiellement de l’opportunisme politique. Mais cette représentation des choses, ramené à la dimension d’un seul homme, laisse dans l’ombre la dynamique politique générale de cette époque. Royal 22e Régiment durant la Deuxième Guerre mondiale. Il faut voir que la crise économique, le New Deal américain et les théories de Keynes avaient mis en évidence la nécessité d’une intervention accrue de l’État au niveau de l’économie.

Au-delà de ses visées personnelles, c’est dans ce contexte qu’il faut interpréter l’opposition que Duplessis manifeste aux projets de centralisation des pouvoirs et des impôts du fédéral. Par ailleurs, dans la foulée de la crise de la conscription et de la censure de guerre, le mouvement de centralisation fédérale va provoquer une levée de boucliers dans les milieux nationalistes canadiens-français qui y voient une rupture du Pacte que les deux races ont conclu lors de la Confédération ainsi qu’une grave atteinte au caractère distinctif des institutions de la province de Québec. C’est pourquoi la lutte que mène Duplessis contre les tentatives de centralisation fédérale et le conservatisme de ses politiques vont avoir pour effet de faire de plus en plus apparaître comme rétrogrades les institutions du gouvernement du Québec en comparaison du dynamisme qui anime celles du fédéral. Avec le slogan Il est temps que cela change, les libéraux de Jean Lesage prennent le pouvoir en 1960. L’État s’associe à ses universitaires, se modernise et intervient à son tour de manière intensive dans le domaine social et économique. Mais, au niveau des rapports entre le fédéral et le provincial, les problèmes demeurent, même si le contexte plus général a évolué.

Plusieurs conflits ouvriers, dont la grève de l’amiante à Asbestos, éclatent durant la Grande Noirceur. Surtout que Duplessis use de lois, telle la loi du cadenas pour contrer le syndicalisme, qu’il considère comme du communisme, et, à quelques reprises, de la police provinciale pour mater les grévistes. Au Québec, les banlieues se développent dans les années 1950 et offrent un milieu de vie paisible près des villes pour la classe moyenne. Quant aux agriculteurs, la crise économique des années 1930 avait d’abord contribué à faire gonfler leurs effectifs, puisque la production domestique et l’entraide familiale constituaient, pour les sans-emplois, le seul rempart contre l’indigence complète.

Avec le rétablissement de l’économie, les milieux ruraux perdent une partie de leurs effectifs au profit de l’industrie tandis que les années de la guerre seront les seules où l’agriculture québécoise connaîtra une prospérité réelle. Parallèlement à cet exode rural massif, on assiste au cours des années 1950 et 1960 à l’apparition et à l’expansion considérable de ce que l’on a appelé les nouvelles classes moyennes, classes dont les effectifs et la diversité des canaux de promotion sociale se sont accrus de manière importante dans le sillage de la croissance des bureaucraties privées et publiques et du développement de la demande en service qu’entraîne l’urbanisation. Jeunes femmes devant le pavillon Roger-Gaudry de l’Université de Montréal. Ces élites, que l’on peut qualifier d’élites traditionnelles, se caractérisent par une grande cohésion sociale et idéologique.