Vénus – Déesse Magique de la Chair PDF

Renaissance réalisée par Titien en 1538. Le peintre a alors 50 ans et c’est la première fois qu’on lui passe vénus – Déesse Magique de la Chair PDF d’un tel nu. La Vénus d’Urbin est une commande de Guidobaldo della Rovere, l’héritier de Francesco Maria della Rovere, le duc d’Urbino.


Un mythe doit être considéré comme un document initiatique rigoureux formant la base d’une religion. Toute fable qui ne présente pas cette rigueur est une simple légende, une belle histoire, et non un mythe. Celui-ci est construit suivant des règles fixes et immuables, parce qu’elles sont l’expression même de la vérité géométrique et que celle-ci ne peut se traduire que d’une seule manière.
Le mythe de Vénus, une fois réduit à une simplicité biblique, dépouillé de tous les artifices de la littérature poétique et exprimé dans un langage auquel nous sommes familiarisé en Occident, apparaîtra dans toute sa clarté et sa précision, faisant découvrir au lecteur un aspect initiatique du mythe sur lequel bien peu d’initiés comme de profanes ont jusqu’à ce jour pris la peine de se pencher.
Car Vénus – au delà de la simple figure mythologique dont les charmes sont restés célèbres – c’est l’attraction, la septième forme de la Divinité : la potentialité dont résulte l’équilibre universel…
Mais pour l’appréhender, il s’avèrera nécessaire d’entrer dans le temple. Il faudra monter jusqu’à l’autel, pénétrer dans le saint des saints et descendre dans la crypte, pour comprendre le Mythe, pour comprendre la Religion et pour pénétrer les Mystères des Dieux…
C’est là, la véritable initiation, la clef de la haute et sublime science qui, seule, pourra donner la raison suprême des choses…

Une lettre de Guidobaldo della Rovere parle de la donna nuda, et cette tournure suffit à montrer que le sujet mythologique n’est ici qu’un prétexte. Elle est probablement inspirée de la Vénus de Dresde appelée aussi la Vénus endormie de Giorgione. Moyen Âge mais jamais pratiquée dans la peinture vénitienne. On pourrait presque penser que la Vénus est sortie nue du coffre de mariage. La Vénus d’Urbin affirme sans détour sa sensualité et sa séduction dans une œuvre qui montre le naturalisme tout en nuance de Titien. Le peintre révèle encore une fois au spectateur sa capacité à représenter une réalité concrète, un moment et un climat particuliers. Construit sur le modèle de la Vénus de Giorgione, il s’en détache grâce à l’environnement somptueux, aux servantes et surtout au regard de la femme qui se pose sur le spectateur.

La représentation du geste est tout à fait exceptionnelle. Titien ne l’a jamais reprise et aucun autre peintre non plus. Sous cet angle, le sujet paraît un peu osé, à la limite du pornographique. Certains médecins suggéraient donc aux femmes mariées de se masturber avant le coït pour avoir un enfant. Erwin Panofsky, un grand historien de l’art, a vu dans le grand pan de peinture noire à gauche, les plis du rideau, créant ainsi une rupture qui sépare visuellement les deux espaces au centre du tableau, à l’aplomb précis du sexe de Vénus. Cette ligne noire verticale est prolongée par le bord du pavement horizontal, noir également. Les bords se contentent de fixer les limites entre les deux lieux du tableau : le lit avec la femme nue et la salle avec les servantes.

Deux espaces perspectifs du tableau sont distincts : la salle d’un palais vénitien Renaissance où évoluent deux servantes et celui du lit sur lequel repose Vénus, les deux sols n’appartenant pas au même plan continu. La couleur qui traite de façon équivalente le premier plan et le fond donne une impression de douceur à l’intérieur du palais. En 1822, Ingres a copié le tableau de Titien. Cette copie se trouve au Walters Art Museum de Baltimore aux États-Unis. La Bella est conservée au palais Pitti, à Florence.