Volonté et infini chez Duns Scot PDF

La différence entre Dieu et les créatures n’est pas une différence d’être comme chez Thomas d’Aquin ou Maître Eckhart, elle tient à ce que Dieu est infini et la créature finie, sur un même plan volonté et infini chez Duns Scot PDF. L’éthique de Jean Duns Scot met l’accent sur la volonté personnelle et la charité, dans la lignée d’Augustin et Bonaventure.


Ceux qui vivent en des temps mécaniques ont appris à se méfier de la volonté, soit qu’ils s’en remettent au fonctionnement, soit qu’ils voient dans le fonctionnement une forme de la volonté. Mais que serait une pensée qui se formerait radicalement comme volonté ruinant ce qui passait jusqu’alors pour être la volonté ? Le théologien écossais Duns Scot (1266-1308) nous le montre, formant la volonté comme volonté en l’arrachant à sa détermination traditionnelle d’appétit intellectuel. Cette formation de la volonté est aussi celle de l’infini intensif en acte. Avec Duns Scot se vérifie l’affirmation de Hegel qui veut que le christianisme soit irruption de la liberté infinie. L’infini intensif en acte se présente en effet comme puissance infinie, liberté infinie. Mais la liberté infinie n’est pas tant ce qui assure la fondation du monde et de la connaissance, ce qui assure la présence de sa constance, mais ce qui la livre à la fragilité de son surgissement. La pensée qui se fait volonté se présente bien comme une pensée pour laquelle l’affaire par excellence n’est pas l’étant en tant qu’étant que l’infini en acte. Le concept univoque d’étant demande alors à être compris à partir de l’agir et donc de la volonté.

Duns, en Écosse, d’où le surnom de Scotus. Il entre chez les franciscains en 1280 et il est ordonné prêtre le 17 mars 1291. Commencée dans les collèges de son ordre, sa formation est complétée à l’université d’Oxford, où il reçoit, vers 1291-1293, l’enseignement de Guillaume de Ware. Mais c’est en 1300 ou 1302 qu’il aurait entamé, sur la recommandation du provincial franciscain d’Angleterre, son enseignement à l’université de Paris.

En 1302, Duns Scot assiste à la question disputée sur la louange de Dieu. C’est son maître, Gonzalve d’Espagne, qui est en position de disputant, et l’objectant n’est autre que Maître Eckhart. Eckhart rapporte la dispute dans un sermon :  J’ai dit dans l’école que l’intellect était plus noble que la volonté, bien qu’elles appartinssent l’une et l’autre à cette lumière. En juin 1303, Duns Scot doit quitter la France, parce qu’il a refusé de signer une pétition appelant, à l’initiative du roi de France Philippe le Bel, à la réunion d’un concile contre le pape Boniface VIII. Aussi retourne-t-il probablement à Oxford, où il reprend son enseignement.