Wozzeck ou l’opéra révélé PDF

Pierre Charles Jean Jouve a eu  plusieurs vies . Il a été aussi, dès 1938 et pendant son exil en Suisse, un important acteur de la résistance intellectuelle contre le nazisme, avec ses poèmes apocalyptiques de Gloire et de La Vierge de Paris. Cet écrivain souvent perçu comme un marginal hautain, refusant les embrigadements des  mouvements  a su toucher beaucoup d’écrivains et wozzeck ou l’opéra révélé PDF’artistes dont certains peuvent être considérés comme ses disciples, par exemple les poètes Pierre Emmanuel, Salah Stétié ou Yves Bonnefoy. Pierre Jean Jouve a renié toute son œuvre publiée avant 1925, année où il fait commencer sa vita nuova.


La lecture linéaire de ce bref et fulgurant opéra d’à peine une heure quinze dont la rare complexité n’a pourtant jamais fait obstacle à son entrée quasi immédiate au répertoire des plus grandes scènes lyriques, aurait voulu ainsi révéler, qu à l’instar de quelques incontournables chefs-d’oeuvre, une connaissance approfondie de sa structure, tout en ne constituant pas un préalable nécessaire au plaisir et à la compréhension de son écoute, pouvait toutefois, en vertu même de cet écheveau de complexités dont elles semblent mystérieusement induites, déclencher les émotions et éveiller à la conscience de beautés vertigineuses.

Cette crise a profondément marqué sa vie et orienté son écriture. On peut aussi considérer que la réédition de ses romans et de ses poèmes, avec peu de modifications mais beaucoup de coupures, que Jouve a effectuée de 1959 à 1968, est une nouvelle réécriture de sa vie et de son œuvre. Pierre Jean Jouve a donc eu  plusieurs vies . Tombe de Pierre Jean Jouve au cimetière du Montparnasse.

Ce fut aussi, dès 1938 et pendant son exil en Suisse, un important acteur de la résistance intellectuelle contre le nazisme, avec ses poèmes apocalyptiques de Gloire et de La Vierge de Paris. Jouve fut aussi le compagnon de route d’artistes, d’écrivains, de philosophes. Dans son autobiographie, En miroir, Jouve donne une image triste de son enfance, entre un père tyranneau domestique, et une mère musicienne effacée. Une grave appendicite vers ses seize ans entraîne une longue dépression. Il obtient le baccalauréat en 1905 et commence simultanément à Lille des études scientifiques et juridiques. En 1906, un ami belge, Pierre Castiaux, l’initie à la littérature symboliste : il découvre Rimbaud, Mallarmé et Remy de Gourmont dont Le Livre des masques lui fait découvrir les poètes qui comptent depuis Baudelaire.

Avec des amis, Paul Castiaux, Théo Varlet et Edouard Charpentier, il crée à la fin de 1906 une revue, Les Bandeaux d’or. Il y publie ses premiers poèmes où règnent l’influence de Gourmont, Maeterlinck et Verhaeren. On y décèle des thèmes qui se déploieront plus tard, ainsi la recherche de l’expression de sa vie intérieure. Georges Duhamel, Charles Vildrac, Alexandre Mercereau, Albert Gleizes, René Arcos. Une grave maladie nerveuse le conduit à se faire soigner en Suisse en 1908. En 1909, il publie son premier recueil, Artificiel, illustré par Albert Gleizes. Il fait la connaissance du peintre cubiste, Henri Le Fauconnier qui fait son portrait.